C’est un
rigolard » : Emmanuel Moulin, le nouveau boss de l’Élysée
PORTRAIT. Le haut
fonctionnaire, ancien directeur du Trésor et ex-conseiller de Nicolas Sarkozy,
va succéder à Alexis Kohler au poste de secrétaire général de la présidence.
Une mini-révolution au Palais.
Par Mathilde
Siraud
Publié le 28/03/2025 à 10h02
À première vue, Emmanuel Moulin est un clone
d'Alexis Kohler. Même pedigree de haut fonctionnaire, même cursus honorum
et formation à Sciences Po puis à l'École
nationale d'administration (ENA), d'abord engagé à gauche chez les jeunes
rocardiens, mais parfaitement compatible avec la droite, spécialiste des
questions budgétaires et économiques : le nouveau secrétaire
général de l'Élysée, grand serviteur de l'État, ressemble en tous points à
son prédécesseur.
.
Les deux hommes sont
d'ailleurs très proches et Alexis Kohler a joué un rôle prépondérant
dans le choix
de son remplaçant. Ces « technos » discrets et dévoués, éternels
conseillers des princes, ont en partage un goût prononcé pour l'ombre
et une forme d'ascèse dans l'exercice de leurs fonctions.
Pour Emmanuel Moulin, un
retour à l'Élysée
Emmanuel Macron, qui voit son
fidèle et indéboulonnable bras droit le quitter pour la banque Société générale
après huit années de vie commune au Palais, ne devrait donc pas être dépaysé.
Il connaît bien son nouveau voisin de bureau et apprécie tant son travail que
ses qualités humaines. « Entre eux, il y a une estime et une
complicité », rapporte un ancien ministre qui les a côtoyés.
On imagine sans mal Emmanuel
Moulin, 56 ans, invariable démarche juvénile avec son sac à dos
jeté sur l'épaule, déambuler dans les ailes de la présidence, une pile de
parapheurs sous le bras. Fin connaisseur des rouages de l'État, il faisait déjà
partie de l'organigramme élyséen à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, à la
tête du pôle économique. L'ancien président appréciera sans doute que son
successeur propulse aux plus hautes responsabilités l'un de ses fidèles. Auprès
du Point en 2017, l'ex-chef de l'État louait les « talents »
d'Emmanuel Moulin.
Interieur du bureau de la
delegation française.Nicolas Sarkozy, president de la republique avec ses
conseillers, Jean David Levitte, conseiller diplomatique, Emmanuel Moulin,
conseiller economique et Fabien Raynaud, conseiller affaires europeennesSpecial
fees apply, Interieur du bureau de la delegation française.Nicolas Sarkozy,
president de la republique avec ses conseillers, Jean David Levitte, conseiller
diplomatique, Emmanuel Moulin, conseiller economique et Fabien Raynaud,
conseiller affaires europeennesSpecial fees apply © Gregoire Elodie pour « Le
Point »
Son retour rue du
Faubourg-Saint-Honoré au poste le plus puissant vient parachever une
longue carrière passée dans les cabinets ministériels (Jean-Louis Borloo,
Christine Lagarde…) et au sein de l'administration centrale. Emmanuel
Moulin a dirigé le Trésor, le cabinet de Bruno Le Maire à Bercy puis
celui de Gabriel Attal à Matignon, après un bref passage dans le privé
(Eurotunnel puis Mediobanca, une banque italienne) sous le mandat de François
Hollande. Depuis la fin novembre, cet habitué des G7 et des G20 était chargé
d'une mission sur la reconstruction économique de la Nouvelle-Calédonie.
« Tu vas t'amuser à
l'Élysée ! C'est génial. Tu vas vivre des crises. À l'international, comme
sur le plan de la politique intérieure », l'a récemment encouragé un des
papes de l'Inspection des finances, qui le connaît bien. Et pour cause :
des subprimes aux dettes souveraines en passant par le Covid, Emmanuel Moulin a
déjà dû gérer quelques tempêtes.
Lui n’est pas un Alsacien
rigide. C’est un rigolard. Il y aura au moins quelqu’un qui rit au
Palais !
Si certains le décrivent comme
un « Kohler en moins bien, en moins puissant », beaucoup mettent en
avant son sens de l'humour, un sang-froid à toute épreuve, une
sympathie naturelle à même de donner un souffle nouveau dans les hauts
murs de la présidence. Un caractère très différent de son prédécesseur et
une sensibilité plus politique.
EXCLUSIF. La riposte d'Alexis
Kohler « Lui n'est pas un Alsacien rigide. C'est un rigolard. Il y
aura au moins quelqu'un qui rit au Palais ! » note un habitué du
pouvoir. Sur les réseaux sociaux, Emmanuel Moulin partage des cartes postales
virtuelles de ses virées dans le Sud, à la montagne, au Stade de France pour un
match de football ou un concert de Mylène Farmer.
Gabriel Attal :
« Emmanuel est un excellent choix »
Ce natif de Versailles, de
confession protestante, ami dans la vie avec l'humoriste Sophia Aram, imite à
la perfection tous les présidents de la Ve République. On
attribuait à Alexis Kohler, plus pince-sans-rire, un peu moins de fantaisie. Ne
s'autorisant comme seule frivolité que des promenades à pied le long de la
Seine ou au parc Monceau muni d'un sandwich, souvent avec son complice Philippe
Grangeon.
Passassion de pouvoir Gabriel
Attal et ses equipes et ministres avant la passassion de pouvoir Emmanuel
Moulin et Bruno Le Maire © @Elodie Gregoire / ÉLODIE GREGOIRE POUR « LE POINT »
« Emmanuel est un
excellent choix, pour de nombreuses raisons. Par exemple, dans le contexte de
tensions commerciales, sa maîtrise parfaite des sujets financiers
internationaux sera clé. Il connaît tous les acteurs et sera à la manœuvre au
côté du président », approuve auprès du Point Gabriel Attal, qui
dit « n'avoir jamais entendu quelqu'un dire du mal » de son ancien
directeur de cabinet.
De Laurent Wauquiez en passant
par Rachida Dati ou Bruno Le Maire, tous encensent et estiment ce
père de famille, toujours d'humeur joviale, qui sait néanmoins se faire
respecter. « Emmanuel Moulin s'inscrit dans une forme de continuité. Il
n'y aura pas de bouleversement », salue de son côté l'ex-ministre Roland
Lescure.
Quand Gabriel Attal a été
nommé Premier ministre en janvier 2024, c'est l'Élysée qui lui avait
imposé Emmanuel Moulin à la tête de son équipe. Le courant est
rapidement passé entre les deux, si bien que le haut fonctionnaire s'est
vite intégré à sa bande de collaborateurs historiques. Le 9 juin, il
apprend avant Gabriel Attal que le président de la République s'apprête à
dissoudre l'Assemblée, par un coup de fil d'Alexis Kohler. Il se trouve
alors dans les jardins de Matignon, avec la bande rapprochée de l'ex-Premier
ministre. « Il était scié », rapporte un acteur de l'époque.
Cette proximité non feinte
avec Gabriel Attal aurait pu le disqualifier pour le poste de « SG »,
tant les relations entre Emmanuel Macron et son ancien chef de gouvernement
sont dégradées. Peut-être ont-ils abordé le sujet lors des entretiens
qu'ils ont eus en tête-à-tête au cours des dernières semaines, avant sa prise
de fonction prévue le 14 avril. Avant d'accepter de remplacer Alexis
Kohler, Emmanuel Moulin lorgnait la direction générale de la Caisse des dépôts,
vacante depuis la nomination d'Éric Lombard au gouvernement.
Lors de la passation de
pouvoir à Matignon avec Gabriel Attal. © Élodie Grégoire pour
"Le Point"
Compte tenu de la situation
politique et de l'affaiblissement du président sur la scène nationale, le rôle
de secrétaire général de l'Élysée a beaucoup changé. La tour de contrôle, le
suivi des politiques publiques, les arbitrages en continu : tout cela est
terminé. « Il n'y a plus le classeur, plus les boutons. Les
ministres maintenant s'en fichent d'avoir un coup de fil du premier
collaborateur de Macron », témoigne un vieux routier de la politique qui a
ses entrées à la présidence. C'est pour cette raison que dans l'entourage du
chef de l'État, plusieurs conseillers officieux plaidaient pour la nomination
d'un profil plus politique, un ancien élu ou un grand préfet.
« Ça
tangue très fort » : Macron, l'étrange fin de règne
Le quinquagénaire va devoir
tenir la maison, encore secouée par les conséquences en cascade de la
dissolution. Il lui faudra aussi imposer son autorité sur des équipes
désorientées depuis que le pouvoir a été transféré à Matignon et plus encore au
Parlement. D'aucuns imaginent qu'avec l'arrivée d'Emmanuel Moulin, qui n'a ni
l'antériorité d'Alexis Kohler dans le dispositif ni la même proximité avec
le chef de l'État, « cela risque de tanguer ». « Certains vont
vouloir reprendre des positions », redoute un proche d'Emmanuel Macron,
évoquant le pôle politique, dont l'influence est pourtant assez mince, ou
encore Bruno Roger-Petit, le conseiller mémoire, en poste depuis 2017, qui fait
désormais figure de dernier des Mohicans.
Bruno Le Maire et Emmanuel
Moulin à l'Élysée. © Elodie Gregoire pour « Le Point »
Le remplacement d'Alexis
Kohler marque la fin d'une époque. Depuis 2017, la rumeur
de son départ était devenue une Arlésienne, au point que beaucoup
prédisaient qu'il resterait jusqu'au bout de l'aventure. Il quitte l'Élysée
« sans acrimonie » indique l'un de ses proches, après en avoir
longuement parlé avec plusieurs fidèles, dont Sibeth Ndiaye, une figure des « Mormons »,
comme lui, du nom de cette bande qui a accompagné Emmanuel Macron depuis le
début dans sa conquête du pouvoir.
Malgré les moments de friction
et les phases de 'je t’aime moi non plus', le deuil est passé entre le
président et Alexis.
À Découvrir Le Kangourou du
jour Répondre « AK »
redoutait notamment le moment de la séparation avec le président qui a
longtemps fait la sourde oreille quant aux envies d'ailleurs de son loyal
collaborateur. Encore ce week-end, au mariage du député Renaissance David
Amiel, un autre ancien de l'Élysée, Alexis Kohler s'en est ouvert auprès de
plusieurs historiques qui étaient présents dont Julien Denormandie et Ismaël
Emelien.
« Malgré les moments de
friction et les phases de “je t'aime moi non plus”, le deuil est passé entre le
président et Alexis », rapporte l'un de ceux qui les
connaissent bien. Tandis qu'un autre s'esclaffe, à propos de son
recrutement à la Société générale en tant que directeur général adjoint :
« Alexis va pouvoir découvrir ce que c'est d'avoir un vrai
patron ! »
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Puisqu’ils n’ont pas été
capables de se séparer ou de changer de dirigeants en plus donneurs de leçons
hypocrites et bienpensant qu’ils ont réélus en plus ainsi que tous ces ex présidents
de notre VEME REPUBLIQUE de 1958 issus de cette lamentable classe politique de
tous bords hyper médiocres avec leurs partis ringards et aussi nos 1er
ministres inutiles comme ce bon BAYROU le dernier en date prêchi prêcha franc
comme un âne qui recule qui n’a travaillé que pour lui pour obtenir son bâton de
maréchal de fin de carrière politque ?!
Car ces Français lambda enfin ceux
qui votent et choisissent dans notre pays soi-disant le plus démocratique du
monde mais semble-t-il ne savent plus le faire ou s’en fichent car préférant ne
pas regarder la vérité en face car se croyant peut être les meilleurs avec un
orgueil mal placé sauf que c’est leur
avenir qui se joue et si hélas le pays déjà malade financièrement car en
virtuelle faillite sombre avec un risque de guerre mondiale avec ce couple
POUTINE le russe et TRUMP l’américain aboyeur de foire qui change d’avis ou de
couleur comme un caméléon on est mal parti tout comme l’EUROPE OCCIDENTALE DITE
UNIE mais qui est loin avec ses 27 pays de nous protéger !?
Moi qui suis un vieux français
de souche qui est connu tous ces évènements de mauvaises politiques depuis + 67
ans et avant ma vie est derrière moi de 77 ans je plaints mes compatriotes et
mes enfants qui viendront après CAR C’EST DE NOTRE FAUTE à nous les anciens
(encore vivants !?)
Jdeclef 28/03/2025 14h44
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