Majorité
pénale à 15 ans : Xavier Bertrand dans les pas de Nicolas Sarkozy
Avec
l’abaissement de l’âge de la majorité pénale, Xavier Bertrand sort de sa manche
un grand classique de la droite en campagne. Convaincant ?
En
2017, Nicolas Sarkozy et François Fillon avaient dit 16. Quatre ans plus tard,
et alors qu'il se lance dans la course à la présidentielle, Xavier Bertrand verse
dans la surenchère : ce sera 15. La proposition est un grand classique de
la droite : abaisser l'âge de la majorité pénale. Le premier candidat
déclaré de la droite à l'élection suprême, qui dénonce une « précocité de
l'hyperviolence » en France, annonce ainsi dans Le Point ses intentions avec un appel du
pied à son ancien parti : « On agresse et on tue de plus en plus
jeune dans notre pays […]. Certains confondent minorité et immunité. Je
veux abaisser à 15 ans l'âge de la majorité pénale. Un juge pénal des
mineurs pourra appliquer dans ce cas les mêmes peines que pour les
adultes. »
En 2010, Christian Estrosi demandait déjà que les jeunes de
16 ans soient désormais jugés par des tribunaux de droit commun et ne
puissent plus bénéficier de l'excuse de minorité. En droit français, un jeune
qui n'aurait pas 18 ans au moment où il commet une infraction ne peut en
effet être condamné à une peine de prison qui excède la moitié du maximum
encouru pour un adulte pour des faits identiques. Cette excuse de minorité peut
cependant être levée par le juge en fonction des circonstances de l'infraction
et de la personnalité du mineur.
Dans tous les cas, un mineur ne peut être condamné à une peine
au-delà de 30 ans de prison, même si le crime qu'il a commis est passible
de la perpétuité.
En 2017, en pleine campagne présidentielle, François Fillon
précisait ainsi sa pensée : « Ces jeunes délinquants, lorsqu'ils
seront condamnés à des peines de prison, seront incarcérés dans des
établissements spécialisés pour mineurs pour les protéger des contacts avec des
prisonniers adultes. Cela sera rendu possible par la création de 16 000
nouvelles places de prison. » Xavier Bertrand en promet aujourd'hui
20 000, « pas moins ».
Le candidat réclame également que soient vraiment exécutées les
courtes peines de prison, qui, selon lui, « ne le sont quasiment
jamais ». Si l'échelle des peines et le système judiciaire français sont
au fil des années devenus absolument incompréhensibles (entre le sursis, les
aménagements de peine et les crédits de réduction de peine, plus personne ne
comprend qui va en prison et qui n'y va pas), le fait de renoncer à envoyer
derrière les barreaux des personnes condamnées à des peines de moins de six
mois résulte d'une volonté gouvernementale.
Les experts s'accordent en effet sur le fait que ces courtes
peines sont extrêmement nocives pour la prévention de la récidive et la
réinsertion des prévenus, posant là un véritable problème d'exemplarité et de
sévérité de la sanction.
Violences, vols et escroqueries forment la grande partie des
courtes peines de prison
Selon des statistiques du ministère de la Justice, 94 000
peines inférieures ou égales à six mois d'emprisonnement ont été
prononcées en 2017 (en légère augmentation par rapport aux années
précédentes). « Les violences sont le contentieux qui produit le plus
grand nombre de courtes peines (17 000, soit 18 % de l'ensemble).
Viennent ensuite les vols et escroqueries aggravées (14 300 courtes
peines, 15 %) », écrit la chancellerie. Selon une autre étude du
ministère de la Justice, en 2016, « 60 % des peines
de 6 mois ou moins ou dont la partie ferme du quantum n'excède pas
six mois, dites ici “courtes peines” », sont mises à exécution « par
incarcération du condamné et 40 % font l'objet d'un aménagement, dans
presque tous les cas par le juge de l'application des peines. Il s'agit alors
plus d'une fois sur deux d'un placement sous surveillance électronique et une
fois sur quatre d'une conversion en sursis travaux d'intérêt général
(TIG) ».
Il est donc faux, comme l'affirme Xavier Bertrand, de dire que les
courtes peines de prison ne sont « quasiment jamais » exécutées. En
revanche, plus le quantum de la peine est bas (deux mois de prison ferme, par
exemple), moins les personnes vont réellement en cellule. C'est le cas de
toutes les personnes condamnées à de très courtes peines pour des délits
routiers.
Un autre problème, qui n'a cependant pas été soulevé – à ce stade
– par Xavier Bertrand, repose sur les délais de mise à exécution des peines,
comme l'a relevé récemment le patron des LR Christian Jacob : « La
rapidité de la sanction est fondamentale », sans quoi « c'est
catastrophique car la sanction est incomprise et décalée ».
Quelques
fois pour rien ou vandaliser, piller, voler, violer on se demande, ce qu'il
faut de plus pour sévir !
Puisque
certains veulent se prendre pour des adultes il faut qu'ils paient comme des
adultes ou jeunes adultes !
Car
en France on ne respecte plus la vie d'autrui et on veut trop faire sa loi pour
régler des comptes quelque fois futiles et les sanctions de notre justice
laxiste sont inadaptées comme notre code pénal !
Sans
compter les récidivistes multiples, car on parle trop et sans fin dans notre
pays qui n'est pas un monde de bisounours avec une délinquance criminelle qui
augmente sans cesse !
Car
les parents ou responsables encadrant ces jeunes et leur éducation sont aussi
aux abonnés absents !?
La
FRANCE est noyautée par une classe de dirigeants bien-pensants hypocrites qui
ne s'occupent pas du peuple d'en bas ou de peu, comme avait dit notre président
bobo dédaigneux, çà aussi il faut le changer, car on glisse vers l'anarchie du
chacun pour soi et il faut arrêter de discourir en se regardant le nombril !
L'humoriste
controversé a accusé l'ancien Premier ministre d'agressions sexuelles dans une
vidéo publiée sur YouTube en octobre dernier.
Manuel
Valls contre-attaque face à Dieudonné. L'Agence France-Presse a appris que
l'ancien Premier ministre a décidé d'attaquer l'humoriste en diffamation. En
cause : la diffusion d'une vidéo sur YouTube en octobre dernier dans
laquelle Dieudonné accuse Manuel Valls d'agressions sexuelles. Le parquet de
Nanterre a rendu un réquisitoire introductif pour diffamation publique envers
un particulier par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par
voie électronique, a-t-il indiqué, sollicité par l'Agence France-Presse.
Si le dépôt de plainte avec constitution de partie civile respecte
les critères légaux, un juge sera donc saisi. Dans la vidéo incriminée, Dieudonné
M'bala M'bala « accuse Valls d'avoir agressé sexuellement une élève quand
il était prof d'histoire » et prétend qu'il a été placé en garde à vue
pour ces faits, a expliqué le conseil du Premier ministre Me Thibault
de Montbrial à l'Agence France-Presse.
Dieudonné et le deepfake
Or, « pas de bol : déjà, Valls n'a jamais été prof
d'histoire. Tout est faux », a dénoncé l'avocat. Lors d'une audience
le 15 mars dernier devant le tribunal correctionnel de Versailles, Dieudonné
M'bala M'bala, jugé dans une autre affaire de vidéo diffamatoire, avait
lancé : « Ce n'est pas moi sur la vidéo. » L'humoriste
avait soutenu avoir été victime d'un trucage numérique, « le
deepfake », lors de ce procès dans lequel il comparaissait pour outrage à
l'encontre d'une magistrate. Le deepfake est une technique sophistiquée
consistant, entre autres, à superposer un visage sur un autre.
Il
avait tout fait pour débarrasser la sphère publique cet odieux personnage de
DIEUDONNÉ ce qui prouve en passant qu'en France malgré des condamnations de
tels personnages lamentables et dangereux par leurs idées inqualifiables qui se
disent humoristes surtout extrémistes on ne peut avoir la paix !
Et
c'est d'ailleurs pour ça que notre justice trop laxiste est inefficace, car pas
assez sévère pour des actes commis par de tels individus qui continuent à
polluer la simple moralité ou le respect d'autrui !
Xavier
Bertrand : « On agresse et on tue de plus en plus jeune dans notre pays »
EXCLUSIF.
Le président des Hauts-de-France veut croire en son destin national. Candidat à
la présidence de la République en 2022, il nous dévoile son projet.
On
avait compris qu'il convoitait l'Élysée. C'était l'objet des railleries de la
macronie. « Son souci, c'est qu'il nous annonce sa candidature tous les six
mois ! » pique un ministre. En bon assureur, Xavier Bertrand, 56 ans, avait
pourtant conservé une clause de rétractation qui lui permettait au besoin de
rétropédaler. Il était « déterminé », il se « préparait », il y « pensait ».
Mais jamais il n'avait prononcé ces trois mots qui excluent toute marche
arrière : « Je suis candidat. » C'est chose faite désormais. Il se présentera,
quoi qu'il en coûte, que son ex-famille des Républicains organise une primaire
ou pas. Au risque que la droite aligne deux candidats ? Il espère convaincre
les talents de tous bords - de Bruno Retailleau et Valérie Pécresse à Arnaud
Montebourg - de rallier sa « droite sociale et populaire ». Un mix entre la
fracture sociale de Jacques Chirac, l'identité nationale de Nicolas Sarkozy,
l'autorité d'un général de Villiers et une écologie nucléarisée face aux
outrances des Verts.
Le Point : Serez-vous
candidat à la présidence de la République en 2022 ?
Xavier Bertrand : Oui, je serai candidat.
Quoi qu'il en coûte ?
Je suis totalement déterminé. Dans la situation actuelle de la
France, j'estime que c'est mon devoir.
Sans passer par une primaire de la droite et du centre si elle
avait lieu ?
J'ai une conception gaullienne de l'élection présidentielle :
c'est la rencontre d'un homme ou d'une femme avec les Français, autour d'une
vision et d'un projet. C'est pourquoi je ne souhaite plus m'inscrire dans la
logique d'un seul parti. Je ne participerai pas à une primaire. Je respecte
celles et ceux qui ont une démarche différente et je travaillerai avec tous.
Vous serez un candidat de droite ?
Je m'adresse à tous les Français, dans la fidélité à mon identité.
Je suis un gaulliste social, d'une droite sociale et populaire.
Sociale ou socialiste ? Une partie de la droite, incarnée par
Guillaume Peltier, qui est proche de vous, est sur une ligne étatiste,
antilibérale…
Il n'y a pas de social sans création de richesses et sans faire le
choix du travail et du progrès. Avec la restauration de l'État et le combat
pour nos valeurs, c'est cela, le gaullisme. Ma famille politique dispose de
nombreux talents, et je les rassemblerai tous autour de mon projet.
Emmanuel Macron a fait une OPA sur la droite. Quant au créneau
social et populaire, il est bien occupé par Marine Le Pen…
Je laisse à Emmanuel Macron et à Marine Le Pen les questions de
positionnement politicien. Je m'adresse aux Français. Ils savent que nous avons
changé de siècle. Le défi climatique qui est devant nous est immense. Avec la
crise du Covid, les Français ont compris que le centralisme parisien, que
symbolise Emmanuel Macron, est fini et que la réponse se trouve dans les
territoires. Les Français assistent, stupéfaits, à l'effondrement de l'autorité
et à la mise en accusation de notre modèle par l'islamo-gauchisme, alors que
nous sommes le pays le plus solidaire au monde. Le préalable à tout, c'est la
restauration de l'autorité de l'État, c'est l'intransigeance sur nos principes
et sur nos valeurs. L'identité de la France n'est pas négociable. Je dis aux
Français qu'il est temps de nous ressaisir. Je leur propose d'exercer une
présidence de devoirs. Avec un président qui assume la mission de chef des
forces de sécurité. Je leur propose d'instaurer la République des territoires,
pas une nouvelle étape de décentralisation mais, dans le respect de notre
Constitution, un véritable changement de régime. Une nouvelle façon de conduire
l'action publique au service d'une nouvelle façon de vivre, de travailler : la
révolution par les territoires.
Protection.
Xavier Bertrand pointe une France
actuellement « gangrenée par la violence » : « La sécurité
des Français, avec moi, ce sera “quoi qu’il en coûte”. »
Comment va s'articuler votre programme de « redressement »
national ?
D'abord restaurer l'autorité ! Notre pays est gangrené par
l'insécurité et la violence. Je reprends à mon compte le constat « France Orange
mécanique ». C'est beaucoup plus grave que ce qu'Emmanuel Macron appelle des «
incivilités ». Il n'a jamais pris la mesure de ce qui nous arrive. Le chef de
l'État est le responsable de la sécurité des Français. Le président de la
République, qui est le chef des armées, doit aussi devenir le chef de toutes
les forces de sécurité. Le premier acte de mon mandat sera de présenter aux
Français une loi de programmation quinquennale pour leur sécurité. Ce qui
signifie notamment augmenter les budgets de la sécurité et de la justice. La
sécurité des Français, avec moi, ce sera « quoi qu'il en coûte ».
Souhaitez-vous encore durcir la loi ?
Cela s'impose. En matière de terrorisme, je souhaite porter la
période de sûreté à cinquante ans. Les terroristes islamistes sont jeunes, et
je ne veux pas les voir libérés tant qu'ils sont en état de nuire. Je souhaite
que ce changement s'applique de manière rétroactive. Et je soumettrai cette
question aux Français par référendum, s'il le faut.
Quelle est votre position sur l'âge de la majorité pénale ?
On agresse et on tue de plus en plus jeune dans notre pays, comme
le montre le crime atroce commis à Argenteuil par deux adolescents. Ce n'est
malheureusement pas une affaire isolée. Certains confondent minorité et
immunité. Je veux abaisser à 15 ans l'âge de la majorité pénale. Un juge pénal
des mineurs pourra appliquer dans ce cas les mêmes peines que pour les adultes.
On ne peut pas changer la loi à chaque fois qu'une affaire émeut
l'opinion…
Ma proposition n'a rien à voir avec la politique du fait divers ou
avec l'émotion. Je veux avec lucidité enrayer une dérive profonde de notre
société, marquée par la précocité de l'hyperviolence. Nous devons d'abord
protéger les Français, puis offrir une seconde chance par une réelle politique
de réinsertion. Mais ceux que la République aide à retrouver une place et qui
récidivent doivent être beaucoup plus sévèrement sanctionnés.
Le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, souhaite supprimer les
remises de peine automatiques. Iriez-vous plus loin ?
Avant de parler de remise de peine, encore faudrait-il qu'il y en
ait une ! Nous devons mettre un terme à l'impunité. Je plaide pour que des
peines minimales automatiques soient instituées, y compris la révocation
effective du sursis en cas de récidive. Le procureur doit pouvoir condamner
lui-même à des travaux d'intérêt général et de réparation, infliger directement
des amendes, avec saisie sur salaires ou sur prestations sociales. Le juge
n'interviendra plus avant mais après, s'il y a un recours. Et surtout, les
peines de prison doivent être exécutées, y compris les courtes peines, qui ne
le sont quasiment jamais. Actuellement, il y a un numerus clausus qui ne dit
pas son nom. Il faut construire plus de places de prison, 20 000, pas moins.
Dépenses.
« À la tête de l’État, comme à la
tête d’une famille, il faut être sérieux. Une dette, ça se rembourse »,
avance-t-il.
Récemment, un photographe de « L'Union » a été violemment agressé
à Reims par un délinquant étranger multirécidiviste. Que préconisez-vous dans
ces cas-là ?
Cet étranger avait été condamné huit fois en deux ans. Il n'avait
plus rien à faire en France. Le principe doit être simple : tout étranger
condamné à une peine de prison ferme doit être expulsé automatiquement,
aussitôt après l'avoir purgée.
On croirait entendre Laurent Wauquiez lorsqu'il était à la tête de
LR, au moment où vous avez choisi de quitter ce parti !
J'ai quitté le parti sur un désaccord de fond. Moi, j'ai appelé à
voter contre Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle. J'ai
assumé et j'assumerai toujours mon combat contre le Front national. Je crois à
l'autorité. Je crois à la justice. Je ne les ai jamais dissociées dans mon
action. On connaît le travail que j'ai effectué sur les questions sociales et
sanitaires, moins mes initiatives dans le domaine de la sécurité à
Saint-Quentin. La droite sociale que j'incarne veut l'ordre et la justice.
Quelle politique d'immigration préconisez-vous ?
Nous devons reprendre le contrôle. La France doit pouvoir décider
de qui peut entrer sur son territoire et de qui doit en sortir. Je mettrai en
place une politique de quotas pour l'immigration en fonction des besoins de
notre économie. Toute décision d'éloignement doit être systématiquement
exécutée. Aujourd'hui, elles ne sont que 15 % à l'être, c'est inacceptable. La
procédure doit être simplifiée et accélérée, avec un seul juge, et j'engagerai
le bras de fer nécessaire avec les pays qui refuseraient de reprendre leurs
ressortissants.
Vous avez avec vous le livre de Max Gallo « Fier d'être français
». Ce sera votre slogan de campagne ?
Je veux que nous soyons fiers d'être français, de notre histoire,
de nos valeurs. Nous devons l'affirmer haut et fort parce que nous avons de
bonnes raisons d'être fiers. À ceux qui dénoncent notre modèle, je dis : ça
suffit ! La France n'est pas un pays comme les autres. En France, quels que
soient la religion, la couleur de peau ou le statut social, quand une femme
accouche, elle le fait gratuitement dans un hôpital de qualité. Dès la
naissance de l'enfant, la famille est aidée. L'école, le collège, le lycée,
l'université sont gratuits. Quand la maladie frappe, chacun, riche ou pauvre, a
un droit égal à des soins de pointe. Chez nous, face aux accidents de la vie,
au chômage, à la précarité, la solidarité nationale répond présente. Tout cela
est possible parce que, par millions, chaque jour, des Français partent tôt au
travail et contribuent à l'effort social de la nation. À cette France chacun se
doit de dire merci.
Vous vous présentez comme le champion des « territoires ». Depuis
les Gilets jaunes, c'est devenu le mantra du pouvoir. Jean Castex a même été
choisi pour les incarner.
Il y a les mots et il y a les actes. La pratique macroniste, c'est
une centralisation et une verticalité, elle étouffe tout et a conduit l'État à
l'impuissance. Le président a négligé les partenaires sociaux, effacé le
Parlement et méprisé les élus locaux. Avec quel résultat ? L'absence
désespérante de toute réforme. La réforme des retraites a été abandonnée, aucun
effort de réduction des dépenses n'a été engagé. Le « en même temps » a divisé
les Français et conduit le pays à la paralysie et au bord de l'explosion. La
crise des Gilets jaunes n'est pas un accident. C'est un dernier avertissement.
Ce choix politique des territoires fait écho à une aspiration qui monte des
Français à respirer, à vivre autrement, à concilier qualité de vie et
performance. C'est en cela que j'emploie le terme de révolution par les
territoires. Cela exigera l'engagement d'un vaste plan d'investissement dans
chacune de nos régions, pour nos infrastructures, notamment numériques, et une
adaptation de notre façon de travailler. Notre nouvelle frontière, la clé du
vivre mieux, de notre cohésion et de la performance à l'échelle mondiale est
dans les territoires. Sans changer de Constitution, il nous faut changer de
régime. Il faut faire respirer le pays, en instaurant la République des
territoires, faire confiance aux Français, traduire dans les actes la foi dans
la démocratie. Je consulterai les Français par référendum dès les premiers mois
de mon mandat. Cette arme, au cœur de la logique de nos institutions, est
tombée en désuétude parce que tous les présidents, à peine élus, ne travaillent
qu'à leur réélection.
La centralisation et la verticalité, c'est l'histoire de la
France… C'est aussi le cœur du « mal français », comme l'a analysé Alain
Peyrefitte. Comment comptez-vous aller contre ça ?
L'État centralisé est un cadavre qui étouffe l'initiative des
Français. La crise du Covid marque son acte de décès. Si on veut de
l'efficacité, il faut de la proximité : une République des territoires,
j'assume le mot. Les décisions tombées de Paris, ça suffit ! Pas parce que
c'est Paris, mais parce que ça ne marche plus. La crise des Gilets jaunes l'a
démontré. Il faut « déparisianiser » le fonctionnement du pays en transférant
de vastes compétences aux collectivités locales (emploi, social, santé,
logement, formation professionnelle ou encore la transition écologique).
Confions au préfet un pouvoir d'interprétation et de dérogation de certaines
normes nationales, afin de les adapter à la situation des territoires. La loi
SRU et ses 25 % de logements sociaux, par exemple, ne peut plus être une toise
uniforme, il faut du sur-mesure.
La critique de la technocratie rencontre un grand écho dans le
pays, comme le montre l'intérêt pour les analyses de David Lisnard, le maire de
Cannes. Y aura-t-il une méthode Bertrand pour débureaucratiser la France ?
Les technocrates n'ont pris que le pouvoir qui leur a été
abandonné. Ce sont les politiques qui ont failli. Que les ministères parisiens
assument leurs missions régaliennes et de préparation de l'avenir ! Transférons
le pouvoir du quotidien aux élus locaux et aux préfets !
Vous parlez du peuple, vous voulez défendre les « invisibles ».
Pour quelles raisons ces derniers vous feraient-ils plus confiance qu'à
Emmanuel Macron ou Marine Le Pen ?
Parce que je n'oublie pas d'où je viens. Agent d'assurances à
Flavy-le-Martel, ce n'est pas la même chose que banquier d'affaires à Paris ou
héritière ! Enfant, j'ai vu mon père, employé de banque, travailler dur à la
maison le soir et le week-end pour passer des examens professionnels et gravir
les échelons. Sa détermination m'a marqué. À l'époque, nous habitions dans un
HLM à Troyes et il y faisait bon vivre. Je viens du peuple. On dit souvent
qu'il faut un président pour la France, il est temps d'avoir un président pour
les Français.
Vous avez brisé votre plafond de verre ?
Oui, récemment, avec les conditions de mon élection à la tête des
Hauts-de-France. Dans cette campagne, j'ai vu la mort de la politique en face.
Beaucoup de gens m'ont dit : « Vous avez été député, ministre. Le système,
c'est vous aussi, dégagez. » Les choses étaient peut-être allées trop vite pour
moi. J'ai été nommé ministre moins de deux ans après avoir été élu député. J'ai
pensé que je n'étais pas à ma place et j'ai tenté de me faire accepter en
adoptant des codes et des attitudes qui n'étaient pas les miens. J'avais tort.
Au final, j'ai pris conscience d'une chose : il faut rester soi-même.
C'est un atout, à vos yeux, de ne pas avoir fait l'ENA ?
Je ne tiens pas un discours anti-élites. Le problème, c'est leur
déconnexion. Je veille pour ma part à toujours rester « à portée de baffes,
d'engueulades ». Si le prochain mandat n'est pas réussi, notre pays connaîtra
de nouvelles explosions de violences, sociale ou électorale. L'aventure
macroniste, loin de réconcilier et de moderniser le pays, a accéléré la
désespérance et la colère vis-à-vis de la politique, et risque vraiment de se
finir avec la victoire des extrêmes. Comme je l'ai déjà fait, mon devoir est de
battre Marine Le Pen et de tout faire pour rassembler les Français.
Vous président, vous ne seriez pas Jupiter, si on vous suit…
Un président ne peut pas être normal, mais il ne doit pas se
prendre pour un dieu. Un président a avant tout des devoirs. Il est le garant
de l'autorité et de la cohésion nationale. Il défend les valeurs de la France.
Je serai un président au service du peuple français.
Revenons à vos propositions. Vous voulez financer de grands
projets d'infrastructures en région. Avec quel argent ? Après le « quoi qu'il
en coûte », les caisses seront vides…
À la tête de l'État, comme à la tête d'une famille, il faut être
sérieux. Une dette, ça se rembourse. Pas immédiatement, car ce serait de la
folie. Tous ceux qui nous expliquent qu'il faut l'effacer et continuer à vivre
au-dessus de nos moyens sont de dangereux menteurs. Si les taux d'intérêt
remontaient sans que nous ayons conduit les réformes, nous y laisserions notre
indépendance. Et ça, jamais !
Ne seriez-vous pas contraint de relever les impôts ? Quelles sont
vos intentions en matière de retraite ?
Durant mon mandat, c'est un engagement clair, il n'y aura pas
d'augmentation des prélèvements obligatoires. Nous agirons sur la dépense
publique. Quant aux retraites, la réforme est prioritaire si nous voulons
continuer à payer les pensions des retraités. À l'horizon 2028-2030, il nous
faudra travailler deux ans de plus, jusqu'à 64 ans, et si l'espérance de vie
continue à progresser, il faudra, dans les années qui suivent, aller jusqu'à 65
ans. Il n'y aura pas d'effort sans justice pour ceux qui ont des métiers usants
ou perçoivent de petites pensions. La réforme universelle voulue par Emmanuel
Macron n'était que de la poudre aux yeux : ni efficacité, ni justice.
Il y a un tabou français : on ne parle plus du travail !
Je n'ai jamais cessé d'en parler ! C'était d'ailleurs mon slogan
pour la campagne des régionales en 2015 « Notre région au travail ». Cette
valeur doit redevenir l'essentiel, le ciment de la nation. Le travail, le
mérite, la récompense de l'effort, ces valeurs doivent redevenir un élément structurant
de notre projet de société. Ce n'est pas le cas avec Emmanuel Macron, qui est
plus favorable au capital qu'au travail. Quant au RN, il n'a ni discours ni
conviction sur le travail. Je le vois dans ma région, ses élus sont toujours
dans le mensonge et incapables d'apporter la moindre solution au chômage.
Il est temps de libérer les entreprises. La dignité au travail
reposera sur le sentiment d'un juste retour par rapport aux efforts engagés. Je
crois en la participation et je veux que la valeur créée par le travail de tous
profite à tous. Ce sera un de mes chantiers prioritaires. C'est par le travail
que nous mettrons un terme au déclin de notre pays et au déclassement des
Français. Les catégories populaires, les classes moyennes et les cadres ne doivent
plus craindre ce déclassement, mais retrouver la confiance et des perspectives.
La réussite d'un pays ne peut pas reposer sur les seuls « premiers de cordée ».
Les années qui viennent verront une transformation profonde du
monde du travail, avec de nouveaux métiers que nous créerons grâce notamment à
un grand plan de reconstruction du tissu industriel et agricole de notre pays.
Notre système d'assurance chômage et de formation devra se transformer pour
plus d'efficacité vers la reprise d'emploi et être tourné vers les nouveaux
métiers.
Le modèle méritocratique issu de la démocratisation de
l'enseignement supérieur dans les années 1970 est très critiqué. Dans son
dernier livre, « La Tête, la main et le cœur », l'essayiste britannique David
Goodhart estime qu'une nouvelle lutte sociale a commencé, opposant une « classe
cognitive dominante », sélectionnée sur les diplômes, et tous ceux qui ne
sortent pas de ce moule. Vous partagez cette analyse ?
Bien sûr. La crise du Covid a bien évidemment mis en avant nos
exceptionnels soignants. Mais elle a aussi révélé le rôle indispensable des
travailleurs du quotidien : conducteurs routiers, caissières, agents de
propreté. On les a félicités, peu récompensés et très vite oubliés. Et ils sont
toujours aussi vulnérables. Le télétravail ne concerne que 8 % des ouvriers,
contre 70 % des cadres. Il faudra améliorer les conditions de travail, les
rémunérations branche par branche, métier par métier ; et moderniser notre
système de formation pour établir des passerelles vers d'autres métiers. Quand
vous devenez caissière ou livreur à 25 ans, vous ne devez pas être dans
l'impossibilité de progresser professionnellement et d'améliorer votre
situation. La société française doit donner de nouvelles perspectives, redonner
un espoir. Si on continue à ignorer les invisibles, la prochaine secousse
sociale viendra de là.
Travail.
Pour Bertrand, « la réussite d’un
pays ne peut pas reposer sur les seuls “premiers de cordée” ».
Vous présentez de nombreuses propositions, mais on peine à voir
votre vision. Quelle est la France de Xavier Bertrand ?
C'est une France fière, redressée et réconciliée. Pour cela, mon
projet est clair : restaurer l'autorité de l'État, tourner la page du centralisme
parisien et refaire du travail la clé de voûte de notre projet national.
Quelles sont vos références historiques ?
C'est de Gaulle, évidemment. Il n'y a qu'un Général, sa vision
m'inspire, mais aussi son pragmatisme. Quand il est revenu en 1958, il a
annoncé qu'il ne porterait que trois chantiers essentiels : les institutions,
l'Algérie, la monnaie. Napoléon ensuite, plus que Bonaparte, car c'est lui qui
a fait la synthèse entre l'Ancien Régime et la Révolution. Richelieu pour
l'autorité de l'État, et Saint Louis pour l'esprit de justice. Il ne faut
jamais l'oublier quand on réforme.
Ne nous voyons-nous pas plus grands que nous sommes ? La réalité
est cruelle : nous nous gargarisons d'être le pays de Pasteur, mais nous
n'avons pas été capables de produire un vaccin français contre le coronavirus…
Comment s'étonner que les Français soient l'un des peuples les plus pessimistes
au monde ?
Car nous ne voyons plus la force de notre modèle, notre cohésion
face aux épreuves, la solidité de notre engagement européen, nos atouts dans la
compétition mondiale. La France, par son universalisme, porte toujours une voix
particulière. Les tentatives d'effacement des valeurs républicaines avec la cancel culture ou la
culture woke
sont insupportables.
Qui mieux que notre pays peut mener ce combat des valeurs de
laïcité, de fraternité et de refus du communautarisme ?
Mais, pour cela, il faut nous ressaisir. Le peuple français n'a
pas fini d'étonner le monde.
Il y a bientôt un an, dans une tribune au « Point », vous écriviez
: « Ce qui fait le plaisir d'être français, cet art de vivre si particulier qui
est le ressort de notre nation, c'est bien la culture, notre culture. » Si vous
deviez faire votre autoportrait culturel, quels goûts mettriez-vous en avant ?
J'aime tout autant la richesse de notre patrimoine que les
innovations théâtrales de Julien Gosselin. Ce qui me manque terriblement, c'est
d'aller au cinéma en famille ou de visiter une exposition, avec une
prédilection pour la photo. Quant à l'affligeante cérémonie des César, elle a
quasiment occulté la question essentielle : comment est-il possible que tous
les lieux de culture soient encore fermés ?
On dit qu'il faut être un peu fou ou mégalo pour s'imaginer
président de la République ? On ne sent pas de folie chez vous. Seriez-vous un
peu mégalo ?
La présidence de la République n'est pas un trophée. C'est se
mettre au service du peuple français, c'est en assumer les exigences et les
devoirs §
Il
suffit d'ouvrir la page des faits divers : de violences ordinaires de
délinquance quotidiennes maintenant partout en France qui se résument à
islamisme, immigration insécurité et délinquance en expansion !
Et
zones de non droit déjà très nombreuses que l’on n’encadre pas pour soi-disant
préserver une fausse paix civile et trafics divers illicites qui progressent, jusqu’à
des lois appliquées ou établies en fonction d’une religion pour des communautés
dont il ne faut, pas en parler car elles sont parfaitement hors des lois de
notre république !
D’ailleurs
dans certaines villes très connues d’IDF région la plus peuplée de France ont
ce croirait ailleurs, mais pas en république française et quand on est étranger
à celles-ci, en insécurité avérée !
Alors,
Mr BERTRAND peut appeler un chat un chat c’est bien et ne coute rien les
promesses électorales maintes fois rabâchées par les candidats divers !?
Mais
là, ou vue d’incidents de plus en plus nombreux dans ces zones dites populaires
devenues maintenant à risque, qui s’étendent partout dans notre pays, il
faudrait un dirigeant qui agisse fermement avec une équipe de choc ministre de
la justice et de l’intérieur avec pouvoirs étendus, au lieu de parler pour ne
rien dire comme nos bienpensants donneurs de leçons hypocrites !?
Et
qu’il soit soutenu fermement par une grande partie des français de cette
majorité silencieuse qui s’enferme dans « le chacun pour soi, »
car rattraper plus de trente ans d’inertie et laisser aller, sur ce sujet qui
devient très préoccupant, çà tient du miracle dans plus d’un quinquennat à
venir !
On
notera que la pandémie n’a absolument pas diminuée ces problèmes de délinquance
dangereuses plaies de notre société !?
La
candidature de Bertrand met la droite en tension
Cette
déclaration précoce ouvre le champ des possibles à droite et perturbe
l’équilibre (plutôt déséquilibre) des forces dans son camp politique, forçant
chacun à se prononcer.
Qu'ils
feignent l'indifférence ou temporisent, l'officialisation de la candidature de
Xavier Bertrand fait réagir : « Cela fait trois ans qu'il
l'annonce : belle nouveauté, Le Point », s'est fendu l'ancien ministre de
l'Intérieur Brice Hortefeux, par SMS. Une pique accompagnée d'un smiley
moqueur pour le président des Hauts-de-France, désormais officiellement
candidat. Toutes les journées d'hier et d'aujourd'hui, ténors et
dirigeants des Républicains ont échangé coups de fil et SMS pour évoquer
le sujet du moment à droite. Que penser de la candidature de Xavier
Bertrand ? Qu'ils soient pour ou contre, tous y sont allés de
leur commentaire, veillant soigneusement à en minimiser la portée.
« Ce n'est pas un scoop », lance d'emblée Christian
Jacob, le patron des Républicains. « Xavier Bertrand agit en son âme et
conscience, mais je pense que ce n'est pas le moment : les Français sont
dans la crise sanitaire et nous avons à conduire avant des élections de
première importance. Le temps de la présidentielle viendra
après. » Et de noter caustique : « Les deux derniers
présidents de la République de droite élus, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy,
s'étaient tous les deux déclarés candidats bien plus tard… en
novembre. » Fabien Di Filippo, le numéro deux du parti, ne dit pas
autre chose : « Chacun choisit son calendrier, mais en ce qui me
concerne, la gestion de la crise sanitaire est pleinement accaparante, et le
peu de temps qui peut rester est consacré à la reconquête des territoires en
juin. » Circulez, par temps de crise, rien à voir…
La démocratie, ce n'est pas un
drameGeoffroy Didier
Dans l'entourage du président du Sénat, Gérard Larcher, on veille
à rester mesuré : « Xavier Bertrand est maître de son destin,
de sa stratégie et de son calendrier. Mais, comme le dit Gérard Larcher
depuis des semaines, avoir deux candidats de droite à l'élection présidentielle,
c'est l'assurance de n'en avoir aucun élu », souligne ce proche,
avant de poser des conditions : « Si Xavier Bertrand s'impose comme
le candidat de la droite et du centre d'ici septembre, Gérard Larcher sera
derrière lui. Mais si tel n'est pas le cas, il faudra mettre en œuvre un
système de départage. » Le très présent Gérard Larcher y travaille,
dit-on, en lien avec les instances du parti et le président du groupe LR à
l'Assemblée, Christian Jacob.
Pour d'autres, la sortie de Bertrand rend les primaires d'autant
plus nécessaires : « Ce n'est pas la primaire qui a tué François
Fillon. Le soir de sa victoire, tout le monde pensait qu'il deviendrait
président de la République. C'est Fillon qui a tué Fillon », fait valoir
Geoffroy Didier, député européen et vice-président du conseil régional
d'Île-de-France. Lui invite le candidat à prendre le temps de la réflexion
et vante un débat sain pour sa famille politique : « La
démocratie, ce n'est pas un drame. Et jusqu'ici, on n'a même rien trouvé de
mieux ! »
« C'est curieux de se déclarer aujourd'hui », s'étonne
un habitué de l'Élysée, fin connaisseur de la droite, pour qui ce démarrage
s'explique par une certaine fébrilité : « Il n'a finalement pas
attendu de remporter les régionales. » « C'est pour prendre les
copains de vitesse. C'est d'une certaine manière un aveu de difficulté »,
résume ce proche du président, attentif aux moindres remous à droite.
Pour le sondeur, Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop, le
jeu reste pourtant ouvert : « Tant que la campagne n'a pas
démarré, et elle n'a pas démarré, on ne peut pas anticiper les montées et les
baisses. En tout cas, il s'est posé comme le troisième homme. » Le
désormais candidat flirte avec les 15 % d'intentions de vote dans les
sondages d'opinion pour le premier tour de l'élection présidentielle. Quant à
ce choix audacieux de se déclarer en amont d'une possible primaire – ce
« quoi qu'il en coûte électoral » –, Frédéric Dabi estime qu'il
pourrait s'avérer payant à terme : « Il a un statut de challengeur.
La politique, c'est créer la surprise, tout le monde sait qu'il va être candidat,
mais il a quand même décidé de créer le choc politique » ou la
déclinaison sondagière du fameux dicton « la chance sourit aux
audacieux ». Et le sondeur d'ajouter : « À la
différence d'un Bruno Retailleau, il n'a pas de déficit de notoriété
majeure. »
L'intéressé, patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau,
assure qu'une primaire est indispensable à son camp : « La
primaire, elle aura lieu, car, dès lors qu'il y aura plusieurs candidats, il
faudra un vote pour les départager », a-t-il estimé, dans la perspective
de sa candidature, jeudi 25 mars, sur Sud Radio. « Je pense
qu'il vaut mieux que les militants, nos sympathisants, puissent faire un choix
qui sera absolument décisif », a-t-il prévenu dans l'idée de couper court
aux prétentions du président des Hauts-de-France.
Il incarne la France des
territoires contre la France technocratique.
Pour un certain nombre parmi les LR, la ligne politique de
Xavier Bertrand mériterait d'être clarifiée. Le gaulliste social sera-t-il
le candidat d'un rassemblement allant jusqu'à la gauche ? « Il
est coupé de notre base : elle ne le soutiendra pas. Les militants
LR lui reprochent d'avoir quitté le parti au pire moment [en
décembre 2017, NDLR], celui où nous avions besoin d'être tous
solidaires », analyse un patron de fédération qui ne croit pas plus
en l'homme qu'en sa candidature. « Sans compter qu'ils ont du mal à
accepter son clin d'œil à Arnaud Montebourg. » « Je n'aime pas
la polygamie », tacle une députée LR. « C'est un fait que l'actuel
Premier ministre, Jean Castex, était son directeur de cabinet au ministère de
la Santé et un certain Gérald Darmanin, aujourd'hui ministre de l'Intérieur,
son poulain », raille un autre parlementaire.
Pour autant, Xavier Bertrand n'est pas seul ou sans
troupes. Le président des Hauts-de-France fait des émules au
sein de son ancienne famille politique. Pour Damien Abad, le président du
groupe LR à l'Assemblée nationale et soutien de la première heure,
le candidat vise juste : « Il incarne la France des territoires
en résonance avec les préoccupations du quotidien des Français. C'est une
grande force et un autre chemin face à la France technocratique d'Emmanuel
Macron et la France agressive de Marine Le Pen », explique ce député de
l'Ain qui rêve d'une troisième voie. « Ensuite, il incarne une vraie
droite sociale et populaire qui a envie de répondre à l'enjeu de l'ascenseur
social. Xavier Bertrand annonce sa candidature au bon moment, car les
Français ont besoin de choix clairs », conclut ce membre du bureau
exécutif des LR.
Il est vrai que ses soutiens le pressaient d'entrer dans l'arène
au plus vite. « On sent sincèrement qu'il y a une forte attente à droite,
les gens sont dans un refus d'Emmanuel Macron », analyse une députée LR
pour qui le chemin vers la victoire passe tout droit par « un
candidat naturel qui s'impose aux autres », avant d'ajouter, convaincue
que Xavier Bertrand a toutes ses chances : « Le discours est
réfléchi, il a posé un certain nombre de propositions. »
Cela suffira-t-il à éliminer ses concurrents à droite, faire la
course en tête et s'imposer dans l'opinion comme le meilleur rempart au
RN ? Telle est la question. « Le plus mauvais candidat face à Marine
Le Pen est Emmanuel Macron », tranche Christian Jacob. Au sein des Républicains,
certains élus reconnaissent volontiers que Xavier Bertrand, qui a éliminé
Marine Le Pen aux régionales en 2015 – grâce notamment au désistement
de la gauche en sa faveur –, ferait un « bon rempart » face à la
candidate du RN. « La question du rempart n'est pas la bonne. Il nous faut
un vrai projet porteur d'un nouveau souffle », récuse un élu
local, très courtisé par tous les candidats en lice ou
potentiels. « L'élimination de Marine Le Pen sera un effet
collatéral. Nous devons nous concentrer sur notre offre politique »,
explique ce fervent partisan de l'organisation d'une primaire, fatigué de
« cette façon de penser au meilleur d'entre nous pour battre les
autres », avant de résumer, amer : « Ça nous flingue depuis des
années. »
En
sortant d'un confort pour ces politiciens élus ou ex élus LR parti guère mieux
loti, que son adversaire historique le PS lui aussi en pleine déconfiture !
Si
déjà les français lambda comprenaient que leurs partis politiques depuis des
décennies sous nos différentes républiques dans notre histoire contemporaine
sont inutiles étant donné la qualité plus que médiocres de leurs élus encartés,
ce serait déjà un grand progrès !
Mais
les électeurs français (enfin ceux qui votent encore) doivent être masochistes
et versatiles, car ils n'arrivent pas à s'en débarrasser pour faire vraiment du
neuf et à chaque présidentielle suivi de législatives n'ont moins différentes on
rejoue la même mauvaise pièce de théâtre qui est toujours un four insipide !
Et
pourtant une grande partie de nos concitoyens s'en rendent compte, mais comme
ils ne savent pas comment faire pour changer cet état de fait, alors ils
subissent en silence en privilégiant le chacun pour soi, quant à nos
politiciens de tous bords, ils continuent à profiter de ces français si malléables
en fait qui travaillent pour eux sans s’en apercevoir !
Et
bien sûr la France dans tout cela continue à glisser vers le fond et la pandémie
n’a rien changé chez ces messieurs élus de tous bords et notre gouvernement et
nos dirigeants, car le peuple tout comme eux sont incurables et cela ne date pas
d’hier !
Coignard –
Les 50 nuances d’autosatisfaction du gouvernement
CHRONIQUE.
Des ministres font l’éloge de leur action, le président se défausse à bon
compte sur l’Europe. C’est la stratégie… zéro regret !
Certains
pays ont réussi à mettre en œuvre une stratégie « zéro Covid ». En France,
le pouvoir exécutif lui préfère, faute de mieux, la stratégie « zéro
regret ». N'est pas Angela Merkel qui veut. La chancelière allemande a eu
le panache de présenter ses excuses à ses compatriotes pour avoir voulu leur
imposer un week-end de Pâques sous cloche, avant de faire marche arrière.
« Il faut être humble dans cette crise, et savoir reconnaître
qu'on s'est trompé », dit le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal,
au micro de France Inter ce jeudi. À la bonne heure ! Mais la seule erreur
qu'il concède, c'est l'attestation kafkaïenne inventée dans la nuit de vendredi
à samedi dernier et aussitôt modifiée. Pour le reste, c'est un festival
d'autosatisfaction. En substance, ceux qui ont confiné plus tôt ne font pas
mieux que nous. Les écoles ont été quatre fois plus ouvertes qu'aux États-Unis
et deux fois plus qu'en Allemagne au cours de la dernière année.
Quelques heures plus tard, le ministre de la
Santé Olivier Véran nous prévient que la situation est grave et inquiétante. Il
se permet toutefois une petite blague pour qualifier le « freinage
renforcé » de l'épidémie : « Ce n'est pas un confinement,
c'est 50 nuances de mesures. » Il n'est pas sûr que les
Français confinés, quoi qu'en dise le ministre, apprécient tous cette allusion
à une romance érotique centrée sur une relation sadomasochiste… D'autant
qu'Olivier Véran énumère ensuite tous les progrès réalisés, à ses yeux, dans la
gestion sanitaire de l'épidémie : les tests gratuits, les lits déployés
bien plus nombreux, les transferts sanitaires (36 en une semaine…),
l'« immense campagne » de vaccination…
Vraie fausse contrition
Le Premier ministre n'était pas présent au pupitre pour chanter
lui aussi les louanges de l'action gouvernementale comme il l'a fait par le
passé : « Je pense sincèrement que notre stratégie, cohérente dans la
durée, a été la bonne… Les résultats de notre stratégie nous placent
aujourd'hui dans une situation plus qu'honorable en Europe », se
félicitait-il le 15 janvier dernier.
Peut-être devrait-il, pour ses prochaines prestations, s'inspirer
de l'interview accordée par Emmanuel Macron à Nikos Aliagas pour le
bicentenaire de l'indépendance de la Grèce. Derrière une apparente autocritique
concernant la vaccination, le chef de l'État se défausse en réalité sur
l'Europe. Une vieille tactique maintes fois employée par les responsables
politiques hexagonaux. Et remise au goût du jour par le président :
« Les Américains ont eu plus d'ambition que nous », dit-il. Mais qui
est le « nous » ? Les instances européennes, bien entendu. Pas
une seule fois la première personne du singulier n'est employée pour formuler
un regret sur les ratés de la vaccination. Parmi les 50 nuances
d'autosatisfaction, c'est assurément la plus subtile !
Un
membre de ma famille vient d'être touché aujourd’hui par la Covid détecté suite
à un test effectué à son travail du fait de cas de contamination de certains de
ses collègues !
Après
visite à notre médecin généraliste, celui-ci venait de lui apprendre qu'il
avait reçu à 17h30 heure de son RV au cabinet déjà "63" cas de
contamination avérées depuis ce matin ouverture de son cabinet !
Inutile
de s'alarmer Mr MACRON attendons pour prendre des mesures plus drastiques
n'est-ce pas !?
Merci
Mr le président inutile et pleutre on est bien soutenu par votre inaction
envers ce peuple d'en bas, de peu !