jeudi 9 mai 2019

Une Europe ou Union Européenne qui n'arrive pas à s'unir car composées de Bavards qui pérorent sans cessent et rien d’autre !

Nathalie Loiseau : « Pour une Europe des solutions, pas des idéologies »

GRAND ENTRETIEN. La tête de liste LREM dévoile son programme pour les européennes. Convergence sociale par le haut et transition écologique en sont les deux piliers.


La campagne européenne a bien du mal à se frayer un chemin dans le brouhaha médiatique qui a accompagné l'incendie de Notre-Dame de Paris, les conclusions du grand débat et la guérilla urbaine qui sévit toujours, chaque samedi, en France. C'est dans ce contexte que Nathalie Loiseau a retenu son programme le plus longtemps possible. Elle le dévoile officiellement demain, journée de l'Europe. En avant-première, elle offre au Point un très large aperçu des engagements qu'elle défendra au Parlement de Strasbourg. La transition écologique et la convergence sociale par le haut en sont les deux principaux piliers. Elle se défend néanmoins de promouvoir une approche fédéraliste.
« L'Europe des solutions » qu'elle préconise se démarque très nettement des propositions souverainistes de son principal concurrent, Jordan Bardella. Dans les sondages, la liste du RN est parfois donnée devant celle des LREM. Un match franco-français qui ne se traduit pas au niveau européen, où le clivage entre la gauche et la droite demeure, le plus souvent, la matrice du débat politique. La Liste LREM entend constituer un nouveau groupe politique au Parlement de Strasbourg, avec d'autres partis européens d'essence centriste. Ce sera le deuxième volet de l'action de Nathalie Loiseau. Un pari risqué dans une enceinte jusqu'ici dominée par les démocrates-chrétiens du PPE (dont les LR de François-Xavier Bellamy) et les sociaux-démocrates.
Le Point : Votre projet pour l'Europe décline, précise et amplifie la lettre d'Emmanuel Macron aux européennes. Il est marqué par le souci de l'écologie, des droits sociaux et de l'homme, de l'Europe érigée en puissance. Comme si vous projetiez sur l'Europe une France idéalisée. Or le paysage politique de l'Europe n'est pas celui-là actuellement. Comment faire passer ce message ?
Nathalie Loiseau : Ne nous trompons pas, cette élection est historique. Je sais qu'on le dit à chaque fois, mais cette fois-ci, j'ai la conviction que jamais, depuis la Seconde Guerre mondiale, l'Europe n'a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l'Europe n'a été autant en danger. La question qui est posée, c'est choisir entre ceux qui veulent détruire l'Europe, ceux qui gèrent l'Europe en cogestion depuis 20 ans et qui sont donc responsables du statu quo, et ceux qui, comme nous, aiment l'Europe et veulent la changer.
Ce que nous voulons, c'est peser au Parlement européen pour porter la voix de la France et appuyer l'action d'Emmanuel Macron. Il faut convaincre, d'abord les électeurs français, mais aussi nos partenaires européens. Ce que nous voulons, c'est peser en Europe pour que l'Europe réponde aux attentes des Français. Nous les avons écoutés à plusieurs reprises, lors de la grande marche sur l'Europe, lors des consultations citoyennes et pendant le grand débat. La philosophie générale du projet que nous avons élaboré à partir des aspirations qui se sont exprimées consiste à tirer l'Europe vers le haut, qu'il s'agisse de justice sociale et fiscale. L'Europe, ce n'est pas la mondialisation par le bas, mais par le haut. C'est une Europe plus efficace, plus humaine et qui maîtrise son destin dans le XXIe siècle. L'Europe doit protéger nos choix de société, protéger la planète, protéger l'avenir de nos enfants.
Votre priorité se détache assez nettement : la transition écologique. Vous parlez de mobiliser 1 000 milliards d'euros d'ici à 2024. Où les trouver  ?
Mille milliards d'euros, c'est le montant estimé par l'UE pour faire face au défi climatique. Nous voulons faire de l'Europe une puissance verte, c'est-à-dire un continent neutre en carbone, à la pointe de l'innovation durable, avec un modèle agricole et de consommation respectueux de la nature. De la Banque centrale à la Commission, toutes les institutions européennes doivent avoir le climat pour mandat. Nous investirons massivement dans la transition écologique et solidaire. Mais attention, la transition écologique ne peut pas reposer uniquement sur de l'argent public. Si nous veillerons à ce qu'au moins 40 % du budget européen y soit consacré, nous proposons aussi de créer une Banque du climat pour orienter l'épargne des Européens vers la croissance verte. Elle financera la rénovation des logements, le développement des transports et des énergies propres et accompagnera la reconversion des travailleurs des secteurs en transition. En parallèle, nous proposons de taxer le carbone des produits importés en Europe.
Vous parlez de créer une Banque européenne du climat. Vos opposants se demandent pourquoi créer un « machin » de plus alors qu'existe déjà la Banque européenne de l'investissement (BEI)…
Face à l'urgence et à l'importance du défi climatique, il nous faut un instrument à la hauteur. En 1989, quand le Rideau de fer est tombé, on a été capables de créer la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) pour soutenir les pays qui sortaient du giron soviétique. C'était une bonne intuition avec une mission claire. Il faut aujourd'hui un outil qui ait une vraie puissance de feu pour financer la transition écologique.
Taxer le carbone des produits importés en Europe, le président Macron en parle depuis longtemps. Mais comment passer aux modalités concrètes ?
La taxe carbone aux frontières est une bonne chose pour l'environnement, pour nos entreprises et nos emplois. Elle créera une concurrence loyale entre les entreprises et les agriculteurs européens qui respectent des normes environnementales exigeantes et leurs concurrents du bout du monde qui ne respectent ni les mêmes normes ni les mêmes choix. L'Europe est un marché attractif. Quand on est attractif, on doit s'en servir pour imposer ses conditions. Cette taxe va de pair avec la directive « Éthique des entreprises » que nous porterons pour interdire l'accès au marché européen à toute entreprise ne respectant pas nos exigences sociales et environnementales fondamentales. Une multinationale pourra perdre son accès au marché européen si elle a eu recours au travail forcé, au travail des enfants, si elle s'est rendue coupable de déforestation illégale, de trafic d'espèces protégées ou de déchets, de pêche non durable, etc.
Sauf que certains sont réticents à développer des ressources propres et préféreraient sacrifier la PAC pour financer de nouvelles priorités...
Il est hors de question que la Politique agricole commune soit sacrifiée au profit des nouvelles priorités de l'Europe. Nous défendrons le budget de la PAC. Nous sommes la première puissance agricole au monde et c'est en Europe que les scandales alimentaires sont les moins nombreux même si, hélas, il y en a. L'Europe, ce n'est pas remettre en cause ce qui est un succès. Les enjeux sur la sécurité alimentaire sont primordiaux. Nous nous battrons pour que la PAC soit simplifiée et modernisée afin que les aides soient orientées vers les exploitations à taille humaine et vers les modèles propres et respectueux du bien-être animal partout en Europe. Les objectifs sont clairs : augmentation massive du verdissement, doublement des surfaces en bio, zéro bête nourrie aux OGM, zéro pesticide au-dessus des zones d'eau potable. Les agriculteurs doivent pouvoir compter sur un fonds de réserve suffisant pour faire face aux risques croissants liés au réchauffement climatique. Et je le répète, l'agriculture européenne, comme les autres secteurs, doit être protégée de ceux qui ne respectent ni les normes sanitaires ni les normes sociales fondamentales.


Nathalie Loiseau, Pascal Canfin et Jérémy Decerle, un agriculteur inscrit sur la liste LREM,visitent une exploitation à Charbonnat (Saône-et-Loire).
© Blondet Eliot/ABACA

Certains au sein de la Commission européenne se méfient de cette approche dure à l'égard des partenaires qui ne respectent pas nos canons sociaux et écologiques. Ils préconisent un soft power, plus efficace à leurs yeux…
Cela fait 20 ans qu'ils le disent et cela fait 20 ans que les choses ne bougent pas. Je les connais… Ils sont parfois enfermés dans un dogme : l'idée que le libre-échange serait bénéfique par nature. Tous les États membres prennent conscience que l'ouverture systématique de nos marchés trouve ses limites. Il ne s'agit pas de tomber dans un protectionnisme mortifère, mais d'en finir avec la naïveté qui a trop souvent dominé en Europe. Nous croyons à l'exigence de réciprocité dans l'accès au marché. Il y a deux ans, parler de réciprocité était impossible.
… les Allemands bloquaient
Les Allemands bloquaient. Aujourd'hui, ils participent activement à la réflexion. Ils ont pris conscience que lorsque nos partenaires ne jouent pas avec les mêmes règles que nous, nous sommes forcément les perdants du jeu.
Le budget européen actuel ne permet pas de réaliser votre programme…
C'est pourquoi nous proposons, à travers la taxe carbone et la taxe sur les transactions financières, d'allouer à l'Union des ressources propres sans augmenter les contributions des États. Il faut bien comprendre que nous ne voulons pas créer un impôt de plus sur le dos des contribuables européens. Grâce à de nouvelles ressources propres, nous pourrons mener une vraie politique industrielle en définissant les secteurs d'avenir sur lesquels nous allons investir, financer des champions mondiaux dans l'intelligence artificielle, les réseaux 5G, le renouvelable… Ce qui exige de revoir aussi notre droit européen de la concurrence. Il a été conçu au XXe siècle dans un esprit de protection des consommateurs sur le mode « small is beautiful ». Sans abandonner la protection des consommateurs, on ne peut plus se contenter d'une « économie de bonzaïs ». Nos champions industriels doivent pouvoir atteindre la taille critique, d'autant que d'autres, ailleurs dans le monde, financent leurs entreprises à coups d'aides publiques…
Toutefois, je note que les choses évoluent. Avec les Allemands, nous nous sommes battus comme des lions pour faire émerger un « Airbus de la batterie électrique ». Il a fallu convaincre la Commission d'autoriser les aides publiques dans ce domaine. C'est fait depuis quelques jours ! L'Europe doit être le continent à la pointe de la technologie. Nous avons besoin d'environ 300 000 personnes par an qui soient familières des nouvelles technologies dans toutes les branches de ces nouveaux métiers.
Beaucoup de nos cerveaux sont partis dans la Silicon Valley…
Ce n'est pas une raison pour se résigner. Si nous créons les conditions favorables, si nous rémunérons correctement les talents, si nous osons financer des innovations à risque, nous pouvons reprendre la main. Nous voulons créer une agence européenne pour l'innovation de rupture, sur le modèle de ce qui existe aux États-Unis. Car il ne faudrait pas croire qu'entre le « garage californien » d'origine et le géant mondial qu'est devenu, par exemple, Amazon de Jeff Bezos, il n'y a aucune intervention publique aux États-Unis. Dans ce domaine, il s'agit de ne plus être naïf et de croire en nous.
N'est-ce pas, d'une certaine manière, un saut fédéral que vous proposez aux Européens ?
Nullement ! Nous sommes pour une Europe des solutions, pas pour une Europe des idéologies.
Sur les sujets régaliens – frontières, armée, monnaie… –, vous leur demandez pourtant d'abandonner une partie de leur souveraineté pour gagner en efficacité…
Non, quand c'est efficace, nous sommes favorables à plus d'intégration ; quand ça ne l'est pas, coopérer entre gouvernements suffit largement.
Aujourd'hui, la monnaie unique est le saut fédéral le plus important qu'une partie des Européens a consenti. Il faut consolider cette monnaie unique pour lui éviter les aléas qu'elle a rencontrés pendant la crise et la dépendance à un monde encore très « dollarisé ». Aujourd'hui une PME européenne ne peut pas nécessairement commercer avec l'Iran par peur de sanctions américaines. Ce n'est pas aux États-Unis de décider si nos entreprises peuvent commercer ou non avec l'Iran.
Dans d'autres domaines, bâtir sur nos compétences nationales et favoriser une coopération intergouvernementale est la solution la plus efficace. Prenons la lutte contre le terrorisme. Vous ne trouverez nulle part dans ce projet l'idée d'une CIA européenne. Simplement parce que ce serait moins efficace qu'une coopération entre services nationaux. Nous, Français, avons à partager notre connaissance de la menace, en particulier la menace djihadiste en provenance du Moyen-Orient ou du Sahel avec d'autres. D'autres partagent avec nous leurs connaissances de la menace russe par exemple.
En matière migratoire, notre approche suit la même logique : efficacité et pragmatisme.
C'est-à-dire ?
Prenez l'exemple de Frontex, l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes. Elle ne se substitue pas aux polices nationales, mais sans elle, quelle certitude avons-nous que le contrôle des frontières est renforcé là où c'est nécessaire ? Un pays comme le nôtre a un intérêt tout particulier à ce qu'une agence européenne soit présente avec des effectifs et des moyens suffisants dans les pays qui font face à des flux migratoires. Eh bien, le RN y est opposé, la Ligue de Matteo Salvini tout autant. Leur idéologie de la souveraineté nationale l'emporte sur une réponse efficace au défi migratoire.
Sous la présidence autrichienne de l'Union européenne il y a quelques mois, un compromis semblait en bonne voie pour réformer la politique européenne de l'asile. Il abandonnait les « quotas obligatoires » rejetés par le groupe de Visegrad (République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Pologne) et consistait à mettre en place une entraide entre pays. Vous reprenez cette idée dans votre projet. Pourquoi le compromis autrichien n'a-t-il pas été adopté à l'époque  ?
Le compromis autrichien n'a pas abouti parce que les gouvernements nationalistes n'ont cherché aucune solution. Mais notons aussi qu'à l'époque Angela Merkel n'en a pas voulu pour des enjeux de politique intérieure. Comme ministre chargée des Affaires européennes, j'en avais parlé au groupe de Visegrad à l'époque, ils n'étaient pas fermés à l'idée. J'avais passé un week-end dans les Tatras et, à la suite de cet échange, ils ont contribué pour la première fois, à hauteur d'une trentaine de millions, à un fonds de développement de l'Afrique. Je leur avais dit : « Commencez par montrer que ce n'est pas un sujet sur lequel vous regardez systématiquement ailleurs. » Dans notre projet, nous conservons le principe que, face à la migration, l'entraide entre les États membres est obligatoire, mais elle peut prendre diverses formes : une contribution financière, des effectifs de gardes-frontières, des moyens matériels et, bien sûr, l'accueil de demandeurs d'asile.
Les Républicains, sur ce sujet des migrants, veulent réformer le droit de la mer pour renvoyer les bateaux qui arrivent dans les pays d'origine et rétablir une double frontière européenne et nationale. Qu'en pensez-vous ?
Ont-ils vu ce qui se passe en Libye ? Nous portons des valeurs et celles-ci consistent à ne pas renvoyer dans un pays en guerre civile des gens qui y seront maltraités. Je ne transigerai pas avec ces valeurs-là. Commencer à vouloir abattre la Convention européenne des droits de l'homme, c'est une détérioration de notre civilisation. Quant à l'établissement d'une double frontière, il faudra que les Républicains nous expliquent comment ils évitent de porter atteinte à la libre circulation des personnes, que ce soit celle des travailleurs frontaliers – il y en a au moins 200 000 en France – ou celle des entreprises, des PME qui vont, au jour le jour, commercer, livrer, travailler avec d'autres pays européens… Ce que nous souhaitons, c'est à la fois protéger nos valeurs et nos frontières, en construisant une politique européenne de l'asile et en remettant à plat Schengen. Il faut tout d'abord distinguer les réfugiés, qui fuient la guerre, la persécution et qui sont en besoin de protection, des migrants économiques. Accueillir les premiers fait la grandeur de l'Europe et de la France. En revanche, concernant les migrants économiques, chaque pays doit décider de qui il souhaite accueillir. Pour relever le défi migratoire, nous proposons une action en trois points : renforcer les frontières extérieures de l'Europe en portant les effectifs de Frontex à 10 000 hommes dès 2020 ; venir en aide aux pays d'origine des migrants et lutter plus efficacement contre les passeurs ; renforcer la coopération intra-européenne.
Qu'entendez-vous par « la remise à plat » de l'espace Schengen ?
La liberté de circulation est un atout formidable, mais elle a comme contrepartie que chacun exerce ses responsabilités, contrôle sa frontière extérieure de l'UE sérieusement en acceptant, dès que cela est nécessaire, d'être aidé par Frontex et chacun doit participer à l'entraide. Si on ne fait ni l'un ni l'autre, on doit pouvoir être suspendu et ne plus bénéficier de la liberté de circulation.
Parlons de l'Europe sociale. Comment parvenir à élever le niveau à l'Est sans baisser celui de l'Ouest ?
Merci de rappeler que nous n'avons jamais proposé de baisser ni les salaires ni la protection sociale de notre pays. Ce que nous proposons, c'est une convergence par le haut, la réduction des inégalités à l'intérieur de l'Europe et la fin du dumping social.
Le patronat de l'Est, lui, résiste à la hausse des salaires…
Les patronats à l'Est vivent aujourd'hui quelque chose de nouveau. Leurs pays connaissent des situations proches du plein emploi. Ces pays souffrent en outre de la fuite des cerveaux. Des dizaines, des centaines de milliers de gens plutôt formés et plutôt jeunes vont tenter leur chance ailleurs. C'est vrai d'une partie des pays de l'Est, ça a été vrai de la Grèce, c'est vrai de l'Italie aujourd'hui. À l'Est, le sujet devient : comment garder de la main-d'œuvre qualifiée et répondre aux commandes ? La compétitivité par le coût du travail le plus bas possible devient une impasse. Dans cette conjoncture nouvelle, nous devons avoir plus d'ambition sociale. Ce n'est justement pas le moment de baisser les bras ! C'est le moment d'exiger que la convergence économique entre l'Est et l'Ouest s'accompagne d'une convergence sociale par le haut. Les fonds de cohésion doivent servir à cela. On ne peut pas condamner les travailleurs de l'Est à être éternellement des travailleurs de deuxième classe.
Après la directive sur le travail détaché qui établit le principe du « salaire égal sur le même lieu de travail », quelle est la prochaine étape ?
Nous nous engageons à réaliser l'acte II de la réforme en instaurant le principe « à travail égal, coût égal » pour l'employeur afin d'en finir avec le dumping social.
Concrètement, nous proposons que l'employeur paie les cotisations sociales les plus généreuses entre celles du pays d'origine et du pays d'accueil des travailleurs détachés. L'employeur d'un travailleur roumain en France paiera le niveau de cotisation français. Et le montant des cotisations sociales retournera en Roumanie, dans un fonds européen qui aidera ce pays à avoir une vraie protection sociale de ses travailleurs.
C'est une démarche incitative. Cela ne veut pas dire qu'on ne veut plus de travailleurs étrangers en France. Il y aura toujours besoin de travailleurs détachés parce qu'ils ont une spécialité que nous n'avons pas ou parce que les besoins en main-d'œuvre sont très tendus temporairement. Mais nous voulons mettre fin à une concurrence déloyale. Nous voulons combattre un système où, comme je l'ai vu à La Réunion, on fait venir un travailleur portugais – en lui payant le billet d'avion – pour construire une route plutôt que d'employer un travailleur réunionnais qui vit sur place.
Lire aussi Europe : ce que dit la nouvelle directive sur le travail détaché
Le Rassemblement national avait voté contre la directive régulant le travail détaché…
Le Rassemblement national ne veut pas contribuer à des solutions, car il prospère sur les problèmes. Sur le dumping social, leur seul argument électoral, nous voir commencer à apporter une réponse leur est insupportable. Nous, nous aspirons à la convergence sociale. L'Europe, ce n'est pas le grand bond en avant chaque matin ni le « grand soir ». Mais, avec le président de la République, nous prenons nos responsabilités pour emmener l'Europe dans la bonne direction.
L'Europe sociale que vous proposez remet en cause le modèle économique des Allemands qui se servent de la sous-traitance à l'Est pour ne pas augmenter leur coût et gagner des marchés à l'export… Même Viktor Orbán s'en plaint !
Viktor Orbán va jusqu'à dire que les pays de l'Ouest ne veulent pas augmenter les salaires à l'Est. Mais la réalité a déjà changé. Même les entreprises allemandes vous disent qu'elles peinent à recruter et qu'il faut qu'elles paient plus cher pour garder la main-d'œuvre. Les sous-traitants automobiles se volent la main-d'œuvre à coups de primes, d'augmentation de salaires et de protection sociale. Ils sont en train de montrer le chemin de la convergence sociale. Reste un pays comme la Pologne, qui fait appel non plus seulement à de la main-d'œuvre ukrainienne, mais désormais aussi à de la main-d'œuvre philippine et indonésienne, tout en se disant hostile à l'immigration…


pour mettre en œuvre ce programme de « renaissance européenne », vous appelez à une conférence pour l'Europe qui réunirait les dirigeants européens, des citoyens tirés au sort et des spécialistes des domaines-clés. Est-ce qu'elle va réellement avoir lieu, cette conférence ? En avez-vous déjà parlé avec nos partenaires européens ?
Cette démarche est nécessaire : le divorce entre le projet européen et les citoyens est une réalité à laquelle nous sommes confrontés, même si, selon le dernier Eurobaromètre, il n'y a jamais eu autant d'adhésion à l'Europe en France depuis 1983. Les Français expriment des attentes très fortes, mais aussi un scepticisme sur la capacité de l'UE à les entendre et à y répondre. C'est pour cela que nous voulons poursuivre ce que nous avons initié avec les consultations citoyennes sur l'Europe : 1 100 débats sur l'Europe ont été organisés de mai à octobre 2018 en France. Donnons la parole aux citoyens pour définir les priorités sur lesquelles ils veulent que l'Union agisse. On voit aujourd'hui des mouvements citoyens sur le climat ; il y en a partout en Europe. Nous avons besoin que nos démocraties locales, nationales et européennes se réinventent en donnant la parole à des citoyens et à des personnalités engagées qui ne sont ni au Parlement ni au gouvernement. C'est nécessaire. Partir du principe qu'il suffit de repartir avec un nouveau Parlement et une nouvelle Commission comme si de rien n'était ne réglera pas cette fracture.
Si, au cours de cette conférence, vous rencontrez un groupe d'États qui veut aller plus loin avec la France d'Emmanuel Macron mais que d'autres, par manque de volonté, par crainte, par impréparation, ne le souhaitent pas, êtes-vous prêts à créer une Europe à plusieurs vitesses en plus du cadre de l'UE actuel qui serait alors relégué en deuxième division ? Si vous restez dans le cadre de l'UE, vous risquez d'être bloqués par le veto des autres…
Il ne faut pas l'exclure a priori. Tout ce que nous pourrons faire à 27, nous le ferons à 27. Mais cette Europe à plusieurs vitesses existe déjà : entre les débuts du projet européen et aujourd'hui, il y a eu Schengen, il y a eu l'euro, tout le monde n'y participe pas. On l'a vu aussi en matière de défense avec la coopération structurée permanente qui réunit 25 États. Il ne doit jamais y avoir de format exclusif : si un pays veut y participer, il le peut. Mais un pays ne doit pas pouvoir empêcher les autres d'avancer. Nous proposons ainsi de mettre fin à l'unanimité en matière fiscale. Vingt-quatre pays sont d'accord pour taxer les géants du numérique qui paient en moyenne 14 points de moins d'impôt qu'une PME française. Est-ce supportable d'attendre parce que quatre pays bloquent  ? Certainement pas.
L'Europe aujourd'hui est incarnée par différentes figures, un patron de la Commission, un patron du Conseil européen… Êtes-vous favorable à ce que les institutions se dotent d'un patron unique ?
Cela me semble prématuré. En revanche, il est essentiel que l'Europe soit incarnée par des élus, avec d'un côté des dirigeants au Conseil européen et de l'autre des députés au Parlement qui, tous, assument ce qu'ils votent ou décident. Pendant trente ans, les décideurs se sont réfugiés derrière l'excuse « Bruxelles m'impose… » en oubliant de mentionner qu'ils étaient autour de la table… Qu'on arrête de dire que la Commission décide de tout ! Son rôle est d'exécuter les décisions prises par les chefs d'État et de gouvernement. En revanche, il faut désormais que le Parlement européen puisse disposer du pouvoir d'initiative des lois, qu'on cesse de le traiter comme un mineur démocratique.
Beaucoup de nos concitoyens s'inquiètent de l'influence des lobbies sur le travail du Parlement européen. Que proposez-vous ?
Nous voulons rendre l'Europe plus transparente et indépendante des lobbies. Nos députés sont les seuls à avoir signé une charte exigeante en matière de transparence. Pour les députés de ma liste, toute activité rémunérée incompatible avec l'intérêt général en parallèle au mandat de député sera proscrite. Nous proposons de créer un organe indépendant pour superviser les questions relatives à l'éthique au sein des institutions comme au sein des agences et d'interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères et des entreprises. Il y a un problème de confiance à restaurer.
Frans Timmermans, le spitzenkandidat des sociaux-démocrates, propose la « transparence des salaires en Europe » pour lutter contre la discrimination salariale dont souffrent les femmes… C'est une mesure qui vous parle ?
Il m'arrive d'être d'accord avec Frans Timmermans, d'autant que c'est une démarche que la France a initiée. Plus généralement, sur l'égalité salariale, la conciliation entre la vie personnelle et la vie professionnelle ou la lutte contre les violences faites aux femmes, nous proposons de mettre en œuvre ce que nous appelons le « le pacte Simone Veil ». Harmoniser par le haut les droits des femmes en Europe : chaque pays signataire introduira dans sa législation les mesures les plus protectrices ayant fait leurs preuves dans les autres pays européens.
De manière plus symbolique, quelle figure européenne serait légitime à figurer sur les billets de banque en euros  ?
Simone Veil, Léonard de Vinci, Erasme, Gutenberg… Autant de figures qui incarnent l'identité européenne, preuve flagrante de l'existence d'une telle identité, n'en déplaise à certains. Nous poussons l'idée d'un « Erasmus de la culture » qui passe par des projets concrets. Par exemple, sur le projet de restauration de Notre-Dame de Paris, nous souhaitons faire venir des apprentis des quatre coins de l'Europe pour donner un coup de main. Nous ambitionnons de créer des résidences d'artistes à la manière de la Villa Médicis un peu partout en Europe, afin de pousser à la création. La culture, ce n'est pas seulement celle du passé, celle qu'on a dans le rétro. L'Europe a déjà beaucoup fait dans ce domaine. Sans les fonds européens, un film comme 120 battements par minute n'aurait pas vu le jour, par exemple. C'est une directive européenne qui a imposé à Netflix que son catalogue soit, pour un tiers, composé de créations européennes. Au début, ils ont résisté. Ce fut un combat de Titans. Maintenant, Netflix s'en flatte.
C'est d'ailleurs un réflexe commun aux géants du numérique : au début, ils résistent par tous les moyens à nos projets de réforme, mais une fois celles-ci adoptées, ils sont au contraire favorables à ce que la norme européenne s'étende aux autres continents. Nous l'avons vu avec le règlement sur les données personnelles, dit RGPD. Pour les grands acteurs, la généralisation du standard européen est facteur de simplicité juridique et d'économies d'échelle.
Jusqu'ici, les leaders européens ont toujours poussé à la présidence de la Commission un profil qui ne leur fasse pas d'ombre. Emmanuel Macron n'a qu'un goût modéré pour jouer les seconds rôles… Irez-vous jusqu'à soutenir un candidat fort à la Commission quitte à contrarier « Jupiter » ?
L'Europe a besoin d'un nouveau souffle et d'une Commission qui ne se contente pas, comme depuis vingt ans, de gérer le statu quo. Mais qui sera candidat ? Il n'y a pas à ce jour de réponse claire. Les socialistes soutiendront Frans Timmermans. La droite classique soutiendra Manfred Weber. Nous ne soutenons pas ce système des spitzenkandidaten qui veut pérenniser les groupes politiques en place au Parlement et qui a rejeté le système des listes transnationales que nous proposions.
Disons-le autrement : est-ce que « voter Bellamy », c'est voter pour Michel Barnier ?
Voter Bellamy, c'est voter pour Manfred Weber qui, je le rappelle, est le candidat de la CDU qui est en faveur de la suppression du Parlement européen à Strasbourg. Voter pour Hamon, c'est voter pour Yanis Varoufakis… Je ne soutiens ni Weber ni Varoufakis. Quant à Michel Barnier, il est en charge de la négociation du Brexit. Il n'est pas candidat à ce jour. François-Xavier Bellamy a indiqué qu'il souhaitait siéger aux côtés de Viktor Orbán au PPE ; le même Viktor Orbán qui fait les yeux doux à Matteo Salvini et Marine Le Pen. Je soutiendrai pour la présidence de la Commission un ou une candidate pro-européen convaincu(e), exigeant et progressiste.
Lire aussi « Michel Barnier, l'homme de l'année »
Une semaine après les réponses d'Emmanuel Macron au grand débat et après des polémiques qui ont mis en cause votre engagement de jeunesse, puis votre BD sur l'homophobie en Pologne, les sondages ont montré que le Rassemblement national était passé devant votre liste. N'y a-t-il pas là une cote d'alerte qui a été atteinte et allez-vous changer votre campagne ?
Nous n'avons jamais dit que ce scrutin était gagné d'avance. Les européennes ont toujours favorisé le vote protestataire et il se déroule dans un contexte agité. Il est temps que la campagne démarre sur le fond. Les polémiques qui m'ont visée ont surtout consisté à ce qu'on parle de tout sauf de l'Europe. Cela fait deux ans que je suis un personnage public. Ces attaques de caniveau sortent aujourd'hui alors que je mène un combat contre l'extrême droite.
Êtes-vous préparée à cette violence politique ?
On m'avait dit de m'attendre au pire. Je ne suis pas déçue. Ce climat politique nous fait courir deux risques : que les Français se désintéressent encore plus de la politique et que la politique n'attire plus que des robots ou des catcheurs.
Je voudrais que la France ne se retrouve plus dans la situation inefficace et humiliante d'avoir l'extrême droite comme premier parti représenté au Parlement européen. Cela nous a discrédités. Notre voix n'a pas été portée. Le premier parti de France n'a rien proposé et pire, il vote à Strasbourg contre ce qu'il prétend défendre à Paris.
En parallèle de la campagne, nous travaillons à rallier, dans un futur groupe parlementaire, des Européens convaincus et exigeants. Réunir des gens qui veulent travailler ensemble pour ensuite construire des majorités d'idées sur un grand nombre de projets.
Animerez-vous vous-même ce futur groupe ?
Dès lors que la délégation française a vocation à être la plus nombreuse et qu'elle apporte un souffle nouveau, il y a des conséquences à en tirer. Nous souhaitons une démarche inclusive qui réunisse ceux qui ont les mêmes priorités, les mêmes valeurs et la même envie d'une renaissance européenne. Nous avons déjà de nombreux contacts.
Au lendemain de la guerre, les défis qu'ont su relever ensemble les Européens étaient immenses. Ceux auxquels nous devons faire face aujourd'hui le sont aussi. Si nous n'avons pas la même foi européenne et une ambition aussi forte, nous ne les relèverons pas. Au-delà d'un projet sérieux, c'est un idéal européen que je porte.
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En ne tenant pas compte des aspirations de leurs peuples en ne pensant qu'à eux-mêmes en politiciens bornés nationaux qui ne pensent qu'à tirer la couverture à eux et avoir un poste tranquille bien rémunéré ou les grands partis envoient leurs laissés pour compte comme candidat !

A chaque élection européenne on assiste à ce même cirque dont nos compatriotes ne comprennent rien pour la majorité d’entre eux et se servent de cette élection pour sanctionner par leurs désaccords de politique intérieure avec leurs dirigeants du moment au pouvoir ou au mieux s’abstiennent d’aller voter !

D’ailleurs exemple ce brexit de l’Angleterre dont il n’arrive pas à dénouer le sac de nœuds de leurs différents flagrants déjà même avant que celui-ci n’ait lieu que les britanniques font traîner en longueur (car les anglais ne veulent pas perdre « le beurre et l’argent du beurre » dont ils profitaient avant leur sortie hypothétique de l’Union Européenne) et donc aussi cette Union européenne n’arrive pas à se débarrasser comme un bernique accroché à son île nostalgique de son ancien grand empire et Commonwealth !

Pourtant une vraie Europe unie serait une puissance capable économiquement de lutter efficacement à arme égale contre les USA et la CHINE par exemple et même s’offrir une défense militaire valable, mais çà, cela devient de plus en plus une utopie à cause de nos dirigeants européens politiciens internationaux médiocres qui ne savent que palabrer pour ne rien dire !

Jdeclef 09/05/2019 11h59

mercredi 8 mai 2019

L'intransigeance des USA et surtout de TRUMP son président matamore irresponsable !


Accord sur le nucléaire : l'Iran décide de suspendre certains de ses engagements

Un an après le retrait des États-Unis, Téhéran décide à son tour de cesser d'appliquer « certains » de « ses engagements » dans le cadre de l'accord sur le nucléaire.


Cette décision a été notifiée officiellement en début de matinée, ce mercredi 8 mai, à Téhéran, aux ambassadeurs des pays faisant encore partie de cet accord (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) après le retrait unilatéral des États-Unis de ce pacte il y a exactement un an, indique le ministère. « Les mesures prises par les États-Unis, en particulier depuis un an, mais aussi avant [...] leur retrait [de l'accord] avaient clairement pour but de causer une interruption de l'application » de cet accord, a déclaré le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, en visite à Moscou.
L'Iran a fait preuve jusque-là de « patience », mais la République islamique juge désormais « approprié de cesser d'appliquer certains des engagements et mesures volontaires » qu'elle a pris dans le cadre de cet accord, a-t-il ajouté, dans des propos retransmis par la télévision d'État. Néanmoins, a insisté Mohammad Javad Zarif, « l'Iran ne se retirera pas » de cet accord, et les mesures prises par Téhéran, d'une nature qui n'a pas été précisée, correspondent à un « droit » laissé aux parties à l'accord en cas de manquements par une autre partie.

Des tensions profondes avec les États-Unis

Conclu à Vienne en juillet 2015, et validé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, l'accord sur le nucléaire iranien a permis à Téhéran d'obtenir une levée d'une partie des sanctions internationales visant le pays. En échange, l'Iran a accepté de limiter drastiquement son programme nucléaire et s'est engagé à ne jamais chercher à se doter de l'arme atomique.
États-Unis-Iran : Trump allume la mèche


La sortie des États-Unis a entraîné le rétablissement des sanctions américaines que Washington avait suspendues en application de l'accord. Les Européens, la Chine et la Russie ont toutefois maintenu leur engagement dans cet accord. L'annonce iranienne intervient dans un climat de tensions exacerbées avec les États-Unis. Le Pentagone a annoncé dépêcher plusieurs bombardiers B-52 dans la région du Golfe. Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a fait mardi une visite surprise à Bagdad, affirmant disposer d'informations indiquant « une escalade des activités de l'Iran » qu'il a accusé de préparer des « attaques imminentes » contre les forces américaines dans la région.
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Augmente la tension avec l’Iran qui souffre de cet embargo sur la vente de son pétrole!

En pénalisant aussi indirectement les autres pays qui se fournissaient ou commerçaient avec l’Iran par l’interdiction des USA à ceux-ci de le faire !

Parallèlement pour ces mêmes raisons de puissances nucléaires, il semble bien que les accords de dénucléarisation avec la Corée du nord est fait long feu, car ce pays ait repris ses essais de missiles...

D.TRUMP cherche-t-il a amener la guerre mondiale partout, alors qu’on se bat déjà dans bien des pays pour déjà lutter contre les extrémistes islamiques et autres dictateurs qui aboient en voulant encore durcir leurs pouvoirs totalitaires !

Ce président revanchard se trompe, qu’il regarde l’histoire passée de tous les pays et leurs autocrates (despotedictateurtyran) qui ont mal fini après avoir semé le chaos, mais aussi créé le malheur de leurs peuples !

En Europe et dans le monde on a du mal à préserver cette paix fragile d’après guerres mondiales et guerre froide, d’ailleurs de nombreux pays réarment dans le monde, c’est un signe qui ne trompe pas, d’ailleurs dans nos pays démocratiques bienpensant, car l’argent roi n’a pas d’odeur et n’hésite pas à vendre des monceaux d’armes diverses à tout va et en plus on subit depuis ces dernières années un terrorisme qui frappe partout !

Alors que nos concitoyens qui votent (car encore libres) prennent bien en considération cette insécurité mondiale qui grandit et dans leurs protestations diverses n’oublient pas la politique internationale de leurs dirigeants, car ce président US tire sur une ficelle qui risque de casser pour le malheur de tous !

Jdeclef 08/05/2019 10h25LP

mardi 7 mai 2019

On prête ou ne donne qu'aux riches c'est bien connu surtout quand ils sont des élus politiciens de tous bords au plus haut de l'état (même en retraite dorée...)


Comparé à Jack Lang, François Fillon est un petit joueur !

CHRONIQUE. L'ex-ministre de la Culture s'est fait offrir pour près de 200 000 euros de costumes. Et il est toujours président de l'Institut du monde arabe !


Les costumes offerts à François Fillon par son « ami » Robert Bourgi furent une étape importante dans la descente aux enfers du candidat de la droite à la présidentielle de 2017. Cet amour des complets bien coupés fait pourtant figure de péché véniel comparé à la gourmandise dont a fait preuve Jack Lang pendant plusieurs années. L'ancien ministre de la Culture a bénéficié des largesses de la marque Smalto, pour un montant estimé à près de 200 000 euros. Révélée par L'Obs à la mi-mars, cette embarrassante affaire est désormais l'objet d'une enquête judiciaire menée par le parquet de Paris.
Jack Lang est présumé innocent, mais il ne nie pas les faits. Bien au contraire, il en serait presque fier. « La maison Smalto n'a jamais adressé aucune facture à M. Lang », a souligné Me Laurent Merlet, l'avocat de Jack Lang, ajoutant que « ses cadeaux n'ont jamais eu aucune contrepartie ». François Fillon aurait pu assurer la même chose. Mais, bien que décidé à user de tous les arguments, il n'a tout de même pas osé ceux-là. Si un généreux donateur veut s'attirer les bonnes grâces d'un homme influent, il ne va pas lui faire envoyer la note après l'avoir couvert de bienfaits. Quant aux contreparties, elles sont par nature difficiles à identifier et à quantifier.
« Ce n'est pas la première fois que des couturiers proposent à Jack Lang de l'habiller. Depuis quarante ans, il a reçu des cadeaux compte tenu de sa notoriété. Cela s'inscrit dans une sorte de tradition d'ambassadeur de la marque », a encore souligné Me Merlet. Cette remarque est assez distrayante. Elle donne à penser qu'un homme politique, dès lors qu'il est connu, peut se faire habiller gratis. On croyait que Jack Lang était un ami de la culture, c'était en réalité un homme-sandwich…

Impunité

François Fillon a quitté la vie politique à l'âge de 63 ans pour avoir emmené son camp dans la déroute électorale. Les costumes offerts n'ont pas été la seule entorse qui lui soit reprochée. Mais ils ont joué un rôle important dans la défiance croissante à l'égard d'un homme qui semblait bien éloigné des standards qui sont ceux d'un citoyen lambda.
L'ancien fidèle de François Mitterrand, qui prétendait régner sur un grand ministère « de la beauté et de l'intelligence », est en revanche toujours rémunéré par de l'argent public. À bientôt 80 ans, il préside toujours l'Institut du monde arabe. Est-ce bien raisonnable ?
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Car ces même ex élus des bobos comme on les appelle maintenant, très à la mode depuis ces dernières années, caste de nantis en plus donneurs de leçon et bien sûr bienpensants hypocrites profitent souvent de notoriété surévaluée et de protection politique et d’une justice faite pour eux !

Mais certains tout de même, tire trop sur la ficelle qui arrive à casser et sont rattrapés par une justice laxiste et lente pourtant faite pour eux de par souvent leurs immunités parlementaires largement accordées pour leurs fonctions entre autres avantages !

Quand aux sanctions quand elles sont jugées de par notre justice, elles sont souvent minimes et loin d’être en rapport avec les avantages surtout que ces personnages ont les moyens d’employer de bons avocats qui eux aussi s’engraissent avec de telles affaires judico/politque lucratives !

Mais nous sommes dans cette V eme république et ses relents de l’ancien régime dont la France n’arrive pas à se débarrasser depuis sa révolution de 1789 !

Et puis à presque 80 ans J.LANG que voulez-vous qu'on lui fasse, car bien sûr souvent ces beaux messieurs sont âgés et en ont déjà bien profité en courtisans du pouvoir auquel ils ont appartenu quel que soit leurs bords politique !
On comprend mieux pourquoi certains s’ingénient à faire de la politique pour les avantages nombreux à récolter...

Et pour ceux qui arrivent à être présidents de notre république dont certains se prennent pour des monarques absolus, c’est pire !

Jdeclef 07/05/2019 11h20

lundi 6 mai 2019

L'Europe est un rêve hypothétique car les pays la composant sont trop différents !


Pourquoi l'Europe du Rassemblement national est une fiction

ANALYSE. L'Europe des « coopérations librement consenties » prônée par Marine Le Pen et Jordan Bardella peut-elle fonctionner ?


C'est le cœur du programme du Rassemblement national (ex-Front national) : une Europe dans laquelle chaque État serait libre d'appliquer ou non la règle communautaire. Une Europe des « coopérations librement consenties », selon la formule qui figure à la page 19 du programme publié sous l'autorité de Marine Le Pen et que Jordan Bardella défend dans les meetings. Mais comment cela pourrait-il fonctionner ? Passons à la pratique.
L'œuvre principale de l'Union européenne est le marché unique qui a supposé l'adoption, à la fois par le Conseil européen (celui des gouvernements) et le Parlement européen, de très nombreuses directives en vue d'abattre les barrières à la concurrence et d'aplanir les difficultés des entreprises à travailler en dehors de leur territoire national. Si toutes les règles sont harmonisées, les entreprises sont supposées mieux armées pour exporter leurs services ou leurs biens. Dans le système prôné par le Rassemblement national, un État qui voudrait protéger les rentes des entreprises nationales pourrait décréter que telle directive ne lui convient pas et renoncer à l'appliquer.
Mais, alors, un État voisin pourrait se considérer comme lésé et, en représailles, renoncer à appliquer telle autre directive qui avantage les entreprises de son voisin... Et petit à petit, chacun retricoterait une législation nationale qui protégerait ses secteurs industriels contre ses concurrents européens. Pour les patrons, c'est tout bénéfice. Pour les consommateurs et l'innovation, le système prôné par l'ex-Front national n'augure rien de bon. Dès lors que la concurrence serait moindre, les prix des biens et services repartiraient à la hausse, tout comme les marges patronales. D'un parti qui prétend défendre le peuple nous arriverions à la défense du capitalisme pantouflard, à l'abri d'une réglementation protectrice. Le RN entend ni plus ni moins renoncer au marché unique. Et donc à l'Union européenne qui s'est construite sur cette notion.

Le parti de Marine Le Pen met en avant l'exemple d'Airbus. Voilà bien une « coopération librement consentie ». En effet, mais la situation qui a présidé à la constitution d'Airbus était tout autre. Il faut revenir à ce qu'était l'aviation européenne dans les années 1960. À l'époque, trois constructeurs américains – Douglas, Boeing et Lockheed – dominent. Les Européens sont fragmentés en une quinzaine d'avionneurs de petite taille, incapables de lutter. Parmi eux, Sud-Aviation, Shorts, Hawker Siddeley, Bölkow… Air France a certes créé la Caravelle à partir de 1955 à 260 exemplaires, mais les Américains de Boeing surpassent tout le monde avec 1 000 exemplaires de leurs 707, 727 et 737, tout comme le DC9 de McDonnell Douglas. La Caravelle n'est pas rentable.
Les Européens créent Airbus pour atteindre la masse critique. Le marché commun permet ensuite la fluidité de l'assemblage des différentes pièces d'Airbus à travers plusieurs sites européens sans être entravé par les barrières douanières... Les deux éléments ici se complètent. C'est ce schéma que la France et l'Allemagne, et avec elles plusieurs pays européens, reprennent aujourd'hui pour créer un « Airbus de la batterie électrique »... C'est toujours la même idée : créer une entreprise de taille critique, cette fois contre l'industrie asiatique qui pèse 85 % du marché. Autrement dit, l'Union européenne n'interdit pas la coopération industrielle, ne serait-ce que pour créer les conditions d'une concurrence...

Le procès de la Commission

L'une des obsessions du Rassemblement national est la suppression de la Commission européenne qui symbolise à ses yeux les « errements et les dérives inacceptables des institutions européennes ». Il faut aborder la question sans tabou. De quoi est accusée la Commission ? De concentrer trop de pouvoirs : le monopole de l'initiative des directives, la réglementation, le contrôle de l'application de celle-ci et des traités. Pour Marine Le Pen, il faudrait redonner l'initiative législative au Conseil européen qui en aurait l'exclusivité. C'est assez cohérent avec le premier point : la possibilité pour chaque État d'accepter ou non la nouvelle règle commune.
Dans les faits, le Conseil européen des chefs d'État et de gouvernement n'est pas inerte. Quand il formule des « conclusions » à la fin des sommets, il donne en vérité instruction à la Commission de préparer une législation européenne. Et elle s'y conforme ! Le pouvoir en Europe est bel et bien entre les mains des chefs d'État et de gouvernement... En revanche, un État ne peut se dérober à une directive européenne dès lors qu'elle a été adoptée selon les textes auxquels il a adhéré. Sinon, ce serait la foire ! Et bien vite, plus aucune coopération ne serait possible.

Les crises exigent une réponse politique

La Commission n'est pas exempte de travers. Comme tout organe technocratique, elle pense résoudre tous les problèmes par le droit. Or, lorsqu'une crise surgit, seule la création que permet la politique parvient à dépasser l'obstacle. C'est donc aux chefs d'État et de gouvernement d'inventer une solution. Quand ils s'y dérobent, la Commission remplit le vide par du droit, de la norme... C'est bien évidemment insuffisant. À la fin, tout est politique.
Si bien que la Commission est vraiment dans son rôle quand, se situant au-dessus des intérêts particuliers des États, elle sert de stimulateur, de catalyseur de l'intérêt général européen. Comment le définir ? Ce ne peut être l'intérêt des Allemands, puissance économique majeure ; ce ne peut être l'intérêt des Français, puissance militaire supérieure. Ce ne peut pas être non plus l'intérêt des petits États qui spolieraient les grands. Et il n'est pas concevable que l'intérêt géographique des États du Nord surpasse celui des pays du Sud, et réciproquement. Même chose pour l'axe Est-Ouest. Au milieu de ces contraintes, la Commission navigue, parfois à vue. Elle tombe juste quand elle tente de préserver les opportunités de l'avenir ou quand elle prévient les périls.
Toutes les fois que l'Union européenne a manqué à son devoir d'anticipation, les États membres ont fini par le payer. Lorsqu'on a créé l'euro, on a improvisé une monnaie sans tenir compte de la coordination des politiques économiques qu'appelait de ses vœux Jacques Delors. Résultat : à la première crise financière venue, l'euro fut en danger et il a fallu compléter l'euro de plusieurs instruments à toute vitesse, le dos au mur, et encore, de façon incomplète... Idem s'agissant de l'espace Schengen : la libre circulation au sein de frontières communes impliquait, de facto, que les frontières extérieures soient protégées en commun et que les politiques d'asile soient harmonisées. Faute de l'avoir anticipé, la crise migratoire de 2015 a créé un conflit majeur entre les Européens et les déchirements de cette époque n'ont toujours pas été recousus quatre ans plus tard...

Sans juge du droit, pas de coopération loyale

La Commission ne peut pas résoudre ces crises politiques à la place des États membres. Son rôle est d'aiguiller les dirigeants afin qu'ils anticipent et décident avant que les catastrophes ne surviennent. Son meilleur rôle consiste à préparer l'avenir. Mais la décision reste entre les mains des élus, qu'ils soient chefs d'État, chefs de gouvernement ou parlementaires européens. Envisagée de cette façon, l'urgence de supprimer la Commission apparaît moins nette...
Le RN conteste également son rôle de « gardien des traités ». Mais alors que se passerait-il si un État manquait à sa signature ? Aucune conséquence ? Ce n'est pas sérieux. On pourrait alors considérer que tout État pourrait saisir la Cour de justice lorsqu'il estime qu'un autre manque à sa parole ? La Commission serait exonérée de ce rôle de « procureur ». Pourquoi pas ? Mais le RN est également opposé au « pouvoir des juges » européens qu'il accuse d'amplifier les dérives des institutions. Dans ce cas, il n'y aurait plus d'organe pour départager les litiges entre les États européens... Ce n'est ni plus ni moins qu'une destruction de l'Union européenne.
Ce qui revient à dire que, sans le dire, sans le reconnaître, Marine Le Pen et Jordan Bardella, sa tête de liste aux européennes, poussent la France au Frexit. Car aucun de nos voisins n'acceptera le principe d'une coopération s'il n'a pas les moyens de faire valoir ses droits auprès d'un organe de règlement des conflits. C'est la base d'un droit international équilibré. Et si, au nom de la « primauté du droit national », chaque État membre peut revenir sur une décision européenne, il n'y aura aucune loyauté dans les rapports entre les États membres. C'est la fin garantie de l'Union européenne.
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Et ne peuvent s'entendre voulant toujours « tirer la couverture à eux rattrapé par leurs vieux démons » de puissance perdue !

L’union européenne régresse :

Car s'enfermant dans des nationalismes désuets ne voulant pas partager leurs avantages de l’union pourtant !

Et ce qui est plus grave, c’est que les peuples ont déjà oublié les 75 ans de pseudo paix fragile pourtant pas si ancienne et du chaos des deux guerres mondiales, car ils ont la mémoire courte !

(Ou parce que la mémoire collective disparait, car les anciens qui ont subi ces conflits deviennent plus âgés et disparaissent...)

Quant aux extrêmes droite/gauche, car elles aussi sont différentes, selon ces pays d’Europe, elles renaissent quand des crises économiques ou identitaires voire religieuses que l’on croyait oubliées, reviennent et augmente la colère des peuples lambdas qui ont de plus en plus de mal à vivre, et favorisant comme toujours les plus riches en répartissant moins les richesses, quand il y en a, car eux s’enferment dans leurs tours d’ivoire de leurs castes en se protégeant !

Nos dirigeants, quelque soit les pays de l’UNION EUROPENNE ne font rien pour améliorer la vie de leurs peuples et pour certains hypocritement joue les donneurs de leçons bien-pensants, en parlant de démocraties qui ne protègent plus assez le mieux vivre et la paix, mais les peuples n’y croient plus et se rebellent de plus en plus par des protestations ou mouvements insurrectionnels ou anarchiques limite révolutionnaire !

Le plus bel exemple est ce « brexit » anglais et qui malgré son soi-disant référendum divise les britanniques et l’Union Européenne en tournant en rond sans solution de cette Angleterre qui voulait « le beurre et l’argent du beurre » !

Jdeclef 06/05/2019 09h34LP

dimanche 5 mai 2019

« Il est interdit d'interdire » pseudo 1968 se vérifie une fois de plus... Vive la liberté !


Trottinettes électriques : le grand n'importe quoi

Dans les villes, la croissance spectaculaire des trottinettes électriques en libre-service tourne à l'anarchie. Une situation hors de contrôle  ?

Le week-end dernier, un petit échange a eu lieu sur Twitter. Une vidéo relayée par une cycliste montre treize trottinettes de la société Lime, à l'entrée du tunnel des Tuileries à Paris, en train d'être rechargée via un groupe électrogène pétaradant et puant. Deux jours auparavant, à ce même endroit, un autre cycliste avait déjà filmé la même opération, s'insurgeant du danger qu'il y a à utiliser une telle machine dans un tunnel. En vain.
Ce samedi 27 avril, le tweet est pourtant repris par le premier adjoint à la ville Emmanuel Grégoire lui-même : il interpelle Lime et exige que soit mis fin à cette situation.
Une mise en demeure qui attire quasi immédiatement une réponse de Lime, qui proteste de sa bonne foi. L'individu a été identifié et « suspendu ».
Fin de l'histoire  ? Elle jette pourtant une lumière crue sur la manière dont ces engins électriques en free floating, donc sans point d'attache fixe, sont rechargés afin que, chaque matin, tout individu abonné au service puisse les utiliser avant de les laisser où bon lui semble. Une armée de rechargeurs appelés juicers les ramasse et les branche à une prise de courant via des chargeurs confiés par les opérateurs. Pour la plupart des opérateurs, il suffit d'un numéro de Siret pour devenir juicer : en un mot, il s'agit d'auto-entrepreneurs.
Paris compte pas moins de 10 opérateurs de trottinettes en libre-service. La ville estime à « plus de 15 000 » le nombre de ces engins, dont les premiers, ceux de Lime, ont débarqué il y a… moins d'un an. Difficile d'obtenir un chiffre plus précis. Lime n'a pas répondu à nos questions, Bird non plus. Bolt a répondu évasivement qu'elle proposait « quelques centaines de trottinettes électriques » dans la capitale et qu'elles seraient « entre 1 500 et 2 000 d'ici cet été ». Mais cette société, contrairement à Lime, nous a fait savoir qu'elle refusait de recourir à des juicers en auto-entrepreneuriat, préférant le recours à une « équipe interne et des prestataires de confiance sur le long terme », plus précisément « une entreprise de logistique qui a ses propres salariés (...) et dont la mission est de déployer les trottinettes le matin et de les collecter le soir ainsi que d'apporter un soutien sur la maintenance ».

« Ludique » mais non sans galère

La vie d'un juicer n'a rien d'une sinécure. Il faut, via l'appli, repérer les trottinettes. Plus elles sont difficiles d'accès – une difficulté estimée par l'appli selon un code couleur –, plus il sera rémunéré. Beaucoup d'entre eux choisissent de partir en chasse des engins « moyennement » difficiles à repérer. Mais il n'est pas rare que lorsqu'ils arrivent, la trottinette ait déjà été prélevée par les concurrents de plus en plus nombreux. La rémunération ? En moyenne 5 euros par engin. À une condition, qu'ils soient remis en place avant 7 heures du matin le jour suivant, dans des « nids » indiqués par l'appli et qu'avant de le quitter, le juicer ait transmis la photo des trottinettes. Objectif : éviter qu'elles soient mises n'importe où n'importe comment.
Wheel O'Juicer, c'est ainsi qu'il se nomme sur Twitter, est l'une de ces petites mains qui recherchent un complément de revenu. Il y a 6 mois, ce technicien de maintenance est devenu juicer pour Lime, Bird et dernièrement Voi. Dans cette activité, il fait figure d'amateur : l'appli lui indique dans son secteur les engins disponibles à la recharge. Il va les chercher en gyropode. Il en ramasse deux, quatre au maximum et les ramène chez lui, une à deux dans chaque main. Dans la journée, en moyenne, il en fait 10, quand l'appli l'a limité à 25. Il les redépose vers 4 heures du matin et gagne ainsi, en moyenne, une cinquantaine d'euros par jour.
Ce job d'appoint plaît à ce trentenaire qui a un autre travail et a « la chance de se contenter de 5 heures de sommeil par nuit ». C'est assez « ludique », dit-il, mais non sans quelques galères : notamment les bugs de l'appli qui lui indique un nid en réalité inaccessible ou qui ne prend pas en compte le dépôt des machines et refuse de lui débloquer un autre nid...
Wheel O'Juicer a aussi constaté l'irrégularité totale de cette activité (parfois, les trottinettes à recharger pullulent, parfois, comme en ce début mai, elles deviennent inexplicablement rares) et la montée de la concurrence. Celle de « pros » en camionnette, qui semblent travailler à plusieurs, même si normalement ce n'est pas autorisé, et ont le droit de recharger jusqu'à 100 trottinettes. Il souligne aussi que son mode d'action artisanal ne lui permet pas de recharger des trottinettes Voi, dont les roues ne peuvent être débloquées que par les utilisateurs. L'opérateur, conclut-il, semble ne vouloir que des juicers motorisés, a-t-il donc découvert, désappointé. Bref, s'il n'avait que ce boulot, Wheel O'Juicer serait « super-stressé ».

La ville impuissante  ?

Sur Twitter, les élus de Paris se font régulièrement apostropher par des usagers en colère. Leur réponse : ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient. En clair, Paris n'aurait pas eu la possibilité, en l'état actuel de la législation, de s'opposer à l'invasion des trottinettes électriques. Elle réclame comme les autres élus locaux l'adoption urgente de la loi d'orientation sur les mobilités, dite loi LOM. Son article 18 prévoit la possibilité de soumettre les services de partage de véhicules en libre-service à un régime spécifique d'autorisation préalable, une disposition que les sénateurs ont encore durcie. Le texte doit être définitivement adopté en juillet, si l'embouteillage parlementaire ne le retarde pas.
En attendant, Paris a récemment et en urgence imposé une redevance variable selon le nombre d'engins mis sur l'espace public. « Ceux qui ont moins de 500 trottinettes débourseront 50 euros par engin chaque année, expliquait la Mairie de Paris au Figaro. La redevance montera jusqu'à 65 euros annuels par trottinette pour ceux qui en opèrent plus de 3 000. »
Elle s'apprête aussi, le 13 mai, à rendre publique la charte qu'elle négocie en ce moment avec les opérateurs. Elle a en outre renforcé la répression envers les utilisateurs qui rouleraient à pleine vitesse sur les trottoirs (135 euros d'amende) et ceux qui les stationnent en plein milieu des espaces dévolus aux piétons ou même simplement en bordure alors qu'il y aurait à proximité un parking deux-roues (35 euros d'amende). Pour éviter la fronde des cyclistes, qui voient la cohabitation d'un mauvais œil, la ville promet de créer des emplacements dédiés aux trottinettes, pour accueillir 2 500 machines.
À dire vrai, on sent la Mairie de Paris totalement dépassée par le phénomène. Car elle prévoit sous peu que quelque 40 000 trottinettes déferlent dans ses rues. En juillet 2018, la ville se félicitait par voie de communiqué de l'arrivée de cette alternative de plus à la voiture et au moteur à explosion, sa véritable bête noire. À l'époque, tous les moyens semblaient bons pour promouvoir d'autres moyens de se déplacer. Mais elle semble réaliser depuis peu l'anarchie en cours et renvoie la responsabilité au législateur.

S'opposer au fait accompli

Pourtant, selon deux avocats d'affaires, Olivier Bégué et Stéphanie Legrand, ce n'est pas si simple. Tout en reconnaissant « l'absence de consensus doctrinal et les difficultés d'interprétation du cadre juridique actuel », ils jugent que les villes n'étaient pas si démunies. « Si l'on considère que l'occupation ou l'utilisation des véhicules en libre-service sur le domaine public en vue de leur location/partage excède les limites du droit d'usage qui appartient à tous et constitue une activité économique, le Code général de la propriété des personnes publiques (CGPPP) prévoit que les opérateurs doivent disposer d'un titre », nous ont-ils écrit en réponse à nos questions, ajoutant que « la délivrance dudit titre devrait intervenir à la suite d'une manifestation d'intérêt spontanée de la part des opérateurs ». En clair, les villes avaient moyen d'organiser en amont le déploiement des trottinettes et de ne pas céder à la stratégie du fait accompli des opérateurs.
Selon eux, deux options s'offraient aux municipalités : soit refuser de délivrer des titres « du moment que ce refus [était] justifié par des considérations d'intérêt général par exemple, préserver la sécurité des piétons face au stationnement sauvage des véhicules concernés, proportionné à l'objectif poursuivi et ne port[ait] pas une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'entreprendre » ; soit accepter et, tenant compte de la multiplicité des opérateurs candidats, mettre en place une procédure de sélection.

Le cas strasbourgeois

C'est d'ailleurs ce qui s'est passé à Strasbourg. La ville a d'abord privilégié la société Knot qui propose des trottinettes qu'il faut déposer en station où elles se rechargent (comme les Vélib' électriques). En matière de véhicule électrique, le free floating apparaît en effet comme la pire des approches, nécessitant de courir après les engins chaque jour  ! Pour les trottinettes sans point d'attache, Strasbourg a ensuite publié un « appel à l'initiative privée » : en clair un appel d'offres, laissant à la ville la possibilité de ne retenir que les opérateurs qui répondaient à son cahier des charges.
Joint au téléphone, Jean-Baptiste Gernet, adjoint au maire en charge des mobilités alternatives, réclame, à l'instar des élus parisiens, que la loi LOM clarifie la situation. Mais il constate qu'aucun opérateur n'a contesté la démarche strasbourgeoise. Il reconnaît aussi bien volontiers que cette prudence de la ville a été inspirée par la volonté d'éviter le chaos parisien. « Je ne vais pas m'opposer à un mode de déplacement alternatif, conclut-il, mais je ne sais pas trop comment ce moyen-là s'inscrit dans la durée, par-delà l'effet de mode, sans compter que nous privilégions les modes de déplacement actif, et donc bons pour la santé, comme la marche ou le vélo. »
Écologique la trottinette électrique  ? Par rapport à un SUV ou un scooter thermique, certainement, mais ce n'est pas bien difficile. Lorsque l'on se penche sur sa fabrication et sa maintenance, c'est beaucoup plus discutable. Le magazine « Quartz » a examiné les data d'une cohorte de 129 trottinettes électriques déployées en août 2018 à Louisville (Kentucky). Résultat : la durée de vie moyenne de ces « scooters » (c'est ainsi qu'on les appelle en anglais) était de 28,8 jours  ! En moyenne toujours, ils ont parcouru 262,6 km en 92 trajets. 5 d'entre eux ont « disparu » dès leur mise sur le bitume. 7 ont « duré » plus de 60 jours. Et le plus vaillant a « tenu » 112 jours, moins de trois mois donc. On est loin, très loin d'un moyen de transport « durable ».
OBLIGATION D'ASSURANCE DE CES ENGINS
Nos ministres et l'administration toujours si prompts à réglementer les choses semblent bien frileux sur ce dossier. A mes yeux ces engins sont équipés d'un moteur électrique et par la même deviennent des véhicules terrestres à moteur. De par cette nature ils sont soumis à l'obligation d'assurance. Reste à définir bien sûr à partir de quelle puissance et vitesse ces véhicules sont soumis à cette obligation d'assurance. A ce jour il me semble que la réglementation concernant l'obligation d'assurance de ces engins soit muette sur le sujet. Il me semble plus important de prendre position sur ce point plutôt que de préciser où ces engins peuvent circuler. A vous lire Mme la ministre sur ce sujet.
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Car même pour de vulgaires trottinettes au début jouet d'enfant qu'on a transformé en moyen de transport individuel motorisé (je sais ce que je dis j'en ai eu une quand j'étais enfant à Noel, mais je suis vieux et donc âgé maintenant...) Et ce n'était pas la mode mais un simple jouet d'enfant dans les années 1950...

Et je dois faire attention de ne pas me faire renverser ou bousculer en marchant sur le trottoir (cela met déjà arrivé 2 fois dans ma ville...)

Car bien sur cela se termine par des dérapages et incivilités habituelles, car trop de liberté mal encadrée qui donne toujours le même résultat !

Une loi de plus avec sanctions financières au mieux pour essayer de réguler l'utilisation de ces engins devenus risqués, car dans toutes les mains de 7 à 77ans, adolescents, adultes bobos et petits délinquants sans compter, ceux qui s'en servent en montant dessus à plusieurs !

L'indiscipline des français est une constante qui coute cher, car bien sûr, il faut mobiliser des forces de l'ordre souvent « police municipale » dont certaines mauvaises langues disent au moins qu’elles serviront à çà, en plus de faire traverser les enfants à la sortie des écoles ..!

Et puis cela rapporte pour ceux qui louent et vendent ces engins, ainsi que l’état qui ne veut pas être en reste !

Jdeclef 05/05/2019 12h00LP