mardi 16 juin 2015

LE CLAN BUSH VEUT REPRENDRE DU SERVICE A LA PRESIDENCE DES USA...

Monde

ANALYSE John Ellis Bush, surnommé Jeb, s'est lancé officiellement dans la course à la présidentielle américaine de 2016...  

Présidentielle aux Etats-Unis: Jeb Bush, au nom du père, du frère et des républicains

Pourtant, la réussite de sa carrière politique est pour beaucoup due à ses origines familiales. Sans les réseaux construits par son grand-père, Prescott Bush, sénateur du Connecticut, puis par les deux George Bush, Jeb n’aurait pas l’envergure politique qu’il a aujourd’hui. « Tout le monde dans le Parti républicain leur doit quelque chose, résume Nicole Bacharan, historienne et politologue spécialiste des Etats-Unis. Et Jeb Bush bénéficie de fait d’une notoriété immense chez les Américains, ce qui est loin d’être le cas de ses adversaires à l’investiture. »

« Le fait dynastique »

Mais c’est une notoriété à double tranchant… « Au sein même de son parti, beaucoup considèrent que c’est le passif de l’ère W. Bush qui a grevé les élections de 2008 et 2012 », détaille François Durpaire, historien des Etats-Unis. En outre, « nombre d’Américains sont heurtés par le fait dynastique, que le pouvoir présidentiel soit phagocyté par quelques familles », analyse Nicole Bacharan. Et comme il est déjà presque certain qu’Hillary Clinton va être investie chez les démocrates…
Alors, pour ne pas créer de sentiment de déjà-vu chez les électeurs, Jeb Bush tente de mettre en avant d’autres aspects de son histoire personnelle. Tout d’abord, son expérience politique, en tant que gouverneur de Floride de 1999 à 2007. Un Etat d’une grande importance pour l’élection présidentielle : c’est l’un des swing states qui a voté démocrate en 2008 et 2012.

Le plus centriste des candidats

Ensuite, sa crédibilité pour le vote hispanique. Marié à une Mexicaine depuis ses 21 ans, il est complètement bilingue. Un avantage non déterminant pour les primaires, puisqu’au moins l’un de ses grands concurrents, le sénateur Marco Rubio, est d’origine cubaine. « Mais on sait que ce vote fut décisif lors de l’élection de 2012, et les républicains ne peuvent pas faire deux fois la même erreur », explique Nicole Bacharan. Plus généralement, ses prises de position sur la question de l’immigration – il s’est déclaré favorable à demi-mot pour une régularisation massive – le mettent à part sur l’échiquier politique républicain. Il est le plus centriste des candidats, et donc le plus crédible pour la présidentielle.
Pour le reste, du point de vue économique, il a la confiance des milieux des affaires ; du point de vue des mœurs, il est catholique et très conservateur. « Beaucoup de choses vont se jouer dans “l’effet primaire” : je vote pour celui que j’aime ou celui qui a le plus de chances d’être élu, explique François Durpaire. Le choix de la raison a déjà été fait en 2012, le centriste Mitt Romney l’ayant emporté alors que le Tea Party était en pleine ascension. »

« Quelque chose d’hésitant chez lui »

La grande inconnue réside donc dans l’attitude du candidat. Par le passé, Jeb Bush a montré des signes de faiblesse, notamment en 1994, alors qu’il tombe en dépression après son échec à l’élection du gouverneur de Floride. Et puis il n’exerce plus de mandat depuis 2007, ayant à l’époque clamé ne pas souhaiter prendre la suite de son frère. « Je ne suis pas sûre qu’il ait les épaules pour aller au bout d’une campagne pour l’élection présidentielle, lance Nicole Bacharan. Il y a quelque chose d’hésitant chez lui. Ce n’est pas un grand orateur capable de soulever les foules, sa femme était ouvertement contre sa candidature… Il faut être increvable, avoir la niaque pour gagner ! Au fond, sans ce nom, il ne serait pas un candidat sérieux. »
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