lundi 18 mai 2015

L'EUROPE ESSAIE DE FAIRE PREUVE DE CONSENSUS EN MATIÈRE DE LUTTE CONTRE LES PASSEURS PAR VOIES MARITIMES


Monde

IMMIGRATION Cette opération vise à «capturer et détruire les embarcations» des passeurs venant de Libye avant qu'elles ne soient utilisées...

Migrants: L'UE autorise l'opération navale contre les trafiquants en Méditerranée

L'Union européenne mettait sur pied lundi une opération navale pour «casser» l'activité des trafiquants qui exploitent la détresse des migrants prêts à tout pour traverser la Méditerranée à destination de l'Europe, un mois après un naufrage qui a fait 800 morts.
Cette mission sans précédent va entraîner le déploiement de bâtiments de guerre et d'avions de surveillance des armées européennes au large de la Libye, devenue la principale plate-forme du trafic. Elle requiert un accord des Nations unies et ne sera véritablement lancée qu'en juin.
L'opération doit être formellement décidée lundi après-midi à Bruxelles par les 28 ministres des Affaires étrangères de l'UE, après une réunion avec leurs homologues de la Défense. Elle permettra de «démanteler les réseaux qui font du trafic d'êtres humains dans la Méditerranée», a expliqué la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini à son arrivée. «La Royal Navy sauve déjà des vies en mer, mais nous devons aussi nous mettre d'accord sur des actions pour traquer les gangs de criminels», a abondé le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon.
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Détruire les embarcations

L'UE, accusée de passivité voire d'indifférence, est sous pression alors que les drames de l'immigration se succèdent en Méditerranée en raison de flux bien plus importants cette année.
Réunis en urgence le 23 avril, les dirigeants de l'UE ont demandé une opération pour «capturer et détruire les embarcations» des passeurs venant de Libye avant qu'elles ne soient utilisées. Ils ont également décidé de renforcer les moyens de Triton et Poséidon, deux missions européennes de surveillance et de sauvetage en Méditerranée.
L'opération navale est toutefois unanimement dénoncée par les ONG. Selon ses détracteurs, elle va seulement déplacer les routes empruntées par les passeurs et n'augmentera que les risques pour les migrants. Même le procureur sicilien Giovanni Salvi, en première ligne contre les passeurs, est sceptique.
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L'appui du Conseil de sécurité de l'ONU demandé

La France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne ont déjà promis de fournir des navires. La Pologne et la Slovénie engageraient des avions de surveillance ou des hélicoptères, selon des sources diplomatiques.
La mission devrait d'abord s'attaquer aux bateaux utilisés par les passeurs armés pour tracter jusqu'en haute mer les embarcations de fortune chargées de centaines de migrants, ensuite laissées à la dérive. Elle veut également les empêcher de les récupérer. Les trafiquants n'ont pas hésité à ouvrir le feu contre les garde-côtes italiens pour reprendre ces embarcations.
Soucieux du «respect du droit international», les Européens demandent l'appui d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. «Je n'ai constaté aucune résistance politique majeure», a affirmé Mme Mogherini, qui a voyagé à New York pour défendre l'opération au Conseil de sécurité.





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