Emmanuel
Macron ou les vertiges du second mandat
ANALYSE.
Le chef de l’État a tenté jeudi de s’extraire de l’attentisme qui lui est
reproché depuis sa réélection, sans dissiper une impression de tâtonnement.
IL NE
DONNE PAS L’IMPRESSION D’AVOIR UN CAP !
Le vent souffle sur les jardins
de l'Élysée. Ce jeudi 14 juillet, Emmanuel Macron reçoit dans le
vaste parc du Palais les journalistes Anne-Claire Coudray de TF1 et Caroline
Roux de France Télévisions pour un entretien d'une heure, le premier
depuis sa réélection, onze semaines plus tôt. Une intervention le jour de la
fête nationale destinée à reprendre la main et convaincre les Français qu'il
n'a rien perdu de sa verve réformatrice, alors que le sentiment
d'attentisme qui s'est installé dès les premiers jours de son second
mandat et son revers aux élections législatives, qui l'ont privé de
majorité absolue à l'Assemblée nationale, provoquent un flottement préoccupant
au sommet de l'État. « Rendre la France plus indépendante, gagner la
bataille pour le climat, l'égalité des chances. C'est le cap pour cinq ans »,
a martelé le président. « Il est conscient du faux plat mais ne sait
pas comment en sortir », lâche un proche.
Le chef de l'État a donc fait montre d'optimisme, persuadé, dit-il, de
pouvoir « faire avancer le pays » en dépit de l'attitude des
oppositions au Parlement, déterminées à user de leurs nouveaux pouvoirs
pour faire entendre leur voix. « Nous allons y arriver »,
a-t-il affirmé, misant sur « l'esprit de responsabilité » et
« l'intelligence collective ». « Bon
courage ! » ont pu se dire les téléspectateurs.
Certes, il lui reste l'arme du référendum. La Première
ministre pourra aussi user, au moment voulu, de l'article 49.3 de la
Constitution pour faire passer ses réformes. Et, en dernier recours, la
dissolution offre une éventuelle porte de sortie. Mais le premier échec de la
« majorité » à l'Assemblée ce mardi soir sur la possibilité de
rétablir le pass sanitaire aux frontières et de l'étendre aux mineurs en dit
long sur le climat des prochains mois. « Un condensé de la législature à
venir », s'inquiète un député macroniste. « Ça ne peut pas
voler, les mecs vont vouloir se faire plaisir, ça va partir dans tous les sens.
L'examen du budget va être un enfer », redoute un conseiller du président.
Lequel préfère minimiser et dédramatiser, évoquant un « coup de chaud
nocturne » et fustigeant « l'attelage baroque » contre
lui des députés Insoumis, du Rassemblement national et des Républicains.
Volontairement évasif
Cette nouvelle donne politique empêche toutefois le président
de s'engager sur des mesures précises ou sur un calendrier fixe. Raison
pour laquelle Emmanuel Macron s'est montré très évasif au cours de son
intervention, par exemple sur la réforme des retraites. Il faudra « trouver
un compromis responsable » pour « travailler plus et
plus longtemps ». Une « discussion stratégique et
générale » doit avoir lieu « au sortir de
l'été », puis avec « les organisations syndicales » et les
« forces politiques au Parlement » pour une première entrée en
vigueur, espère-t-il, à l'été 2023.
Énergie : comment Macron veut faire la
« chasse au gaspillage »
Mais même sur les projets urgents, comme le plan de sobriété
énergétique qu'il a annoncé pour pallier l'absence de gaz russe, les objectifs
et les moyens demeurent vagues. Et que dire du nébuleux Conseil national de la
refondation ? Pour ne pas se dédire, Emmanuel Macron veut le lancer, là
encore, « dès la fin de l'été », mais les contours restent toujours
aussi flous. Il veut une « discussion vive et générale sur tous les
sujets avec toutes les forces vives de la nation ».
Le président a parlé pour redonner du sens.
Il va désormais prendre du champ.Un fidèle du président
Législatives : « Macron, ce sera Chirac II en
moins bien »
« Le président a parlé pour redonner du sens. Il va
désormais prendre du champ, confie l'un de ses fidèles. On a laissé le
flou s'installer, il va revenir à de la rareté. Se faire oublier et assumer la
situation. » Emmanuel Macron devrait moins s'occuper de tout, tout le
temps. Et adopter davantage une posture au-dessus de la mêlée. « Je
cherche à être à une hauteur différente dans mon fonctionnement »,
explique-t-il en privé. A-t-il fait son deuil de toute ambition
réformatrice ? A-t-il encore une vision ? « Qu'on se le dise, le
grand élan transformateur législatif, ce ne sera pas avec cette
majorité », tranche un habitué du Palais.
Réélu à 44 ans, ce boulimique d'action envisage de se retrancher sur
l'international, penchant naturel de ses prédécesseurs durant leur second
mandat. C'est sur ce terrain qu'il espère marquer l'Histoire de son empreinte.
« Sa liberté de mouvement sur le plan intérieur est restreinte. Il a
l'impression d'être entravé », confirme un collaborateur. L'Europe peut
être pour lui une zone de repli. Ainsi le général de Gaulle avait-il marqué les
esprits par ses grands voyages à l'étranger, François Mitterrand avec
Maastricht, Jacques Chirac avec le « non » à la guerre en Irak, recense
un familier du pouvoir. Selon nos informations, Emmanuel Macron s'apprête à
partir pour une tournée en Afrique durant la dernière semaine de juillet,
pendant que sa majorité ferraillera sur le texte de loi sur le pouvoir d'achat.
Il pourrait se rendre au Cameroun, au Bénin, en Guinée et au Togo. Un
déplacement en Algérie, hautement sensible, est aussi dans les cartons.
1924 : le précédent Millerand
Le fait de ne pas pouvoir se représenter à sa propre succession en 2027 le
« pousse à être encore plus exigeant avec (lui)-même, à penser à la
nation, à sa trace dans l'Histoire », a-t-il
confessé lors de son intervention télévisée. Il a confié à ses proches
réfléchir à un grand projet, sur le modèle du musée du Quai Branly à Paris,
voulu par Jacques Chirac, ou du Centre Pompidou, entrepris par
le président du même nom. En réalité, ce « sentiment de destin
empêché » et cette échéance « pèsent sur son état d'esprit »,
constatent ses plus proches. « Il a été réélu, il sait que c'est la
dernière fois. Or c'est quelqu'un qui ne se réalise que dans la
conquête », décrypte l'un de ses disciples. Nouveauté de la période, le
président exprime aussi des regrets sur sa propre action. Ainsi de
l'instauration promise de la proportionnelle aux législatives, au
programme de sa campagne de 2017, qu'il n'a jamais enclenchée. Il se dit
qu'aujourd'hui sa majorité relative à l'Assemblée aurait été anticipée,
plutôt que subie. Dans son entourage, certains décèlent dans son état d'esprit
du moment une forme de nostalgie, si ce n'est de déprime. « Ça me touche
qu'on s'inquiète pour moi ! » a-t-il balayé durant son entretien
du 14 juillet.
La perspective d'une crise de régime a largement tétanisé l'exécutif depuis
les législatives. L'idée d'une fusion des électorats de LFI et du RN donne
des sueurs froides au pouvoir, surtout dans la perspective d'une éventuelle
dissolution et donc de nouvelles législatives. Il y a cent ans, en 1924,
le « cartel des gauches » était parvenu à renverser le président
de la République Alexandre Millerand. Aucun conseiller n'a osé rappeler ce
précédent historique au chef de l'État.
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les 2
journalistes chevronnées lui ont pourtant posé à plusieurs reprises les mêmes
questions faciles à comprendre où il s'est acharné à leur couper la parole, ce
qui ne les a pas désarçonnées mais n'a pas donné de sa part de simples réponses
précises sur d'éventuelles solutions, notamment sur le pouvoir d'achat
l'inflation et la crise de l'énergie qui risque de se propager dans les mois à
venir et surtout quand la belle saison sera passé à la rentrée et en automne au
plus tôt peut être !
Ses
réponses ou explications ont été compliquées à l'image des discours alambiqués
dont il nous a gratifié lors de son précédent quinquennat !
Le
président ne donne pas l'impression ou il va car hésitant à décider ce qui est
son principal défaut semble-t-il !?
Il parle
trop alors qu'on lui demande d'agir (ce qu'il dit mais ne fait pas !?)
Jdeclef 18/49
14/0//2022
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