Macron
s'est-il dégonflé ?
La France
continue de s'endetter. La réforme des retraites se vide en partie de son contenu…
Mais le président confirme vouloir « agir avec vigueur ».
Il n'a même
pas jugé utile de prononcer une seule fois le mot « dette », alors qu'il
soulignait par ailleurs avec émotion le besoin de « solidarité entre les
générations » et sa volonté de ne « pas trahir nos enfants, leurs enfants après
eux, qui auraient à payer le prix de nos renoncements ». Lesquels enfants et
petits-enfants vont pourtant hériter de ce fardeau financier d'intérêts à payer
et de nos emprunts à rembourser, ce qui pénalisera durement et durablement leur
niveau de vie. Le plus inquiétant est toutefois que l'omission d'Emmanuel
Macron au sujet de l'état de nos comptes publics n'ait ému personne. Preuve que
le pays tout entier s'accommode très bien de sa situation de surendettement et
qu'il a collectivement renoncé à ce que l'État dépense moins. Suivant il est
vrai en cela la voie tracée par le président lui-même, qui avait officiellement
renoncé, fin 2018, à sa promesse de campagne de réduire de 120 000 le nombre de
fonctionnaires durant son quinquennat.
Dans son
allocution télévisée, Macron a utilisé à pas moins de quatre reprises les
termes « renoncer » et « renoncement » pour expliquer, que contrairement à ses
prédécesseurs, l'approche des échéances électorales ne l'empêcherait nullement
d'« agir avec vigueur ». Mais cette insistance verbale a toutes les allures
d'une figure de style laissant présager exactement le contraire. De fait, la
réforme des retraites semble au fil des jours et d'après ce que l'on sait des
négociations en coulisse se vider peu à peu de son contenu (lire p. 34) et
s'éloigner de son double objectif initial : la création d'un régime universel
et le retour à l'équilibre des comptes. Des régimes spécifiques vont remplacer
les régimes spéciaux, et l'âge pivot est amené à connaître tant de dérogations
qu'il ne devrait garder au final qu'un aspect purement symbolique permettant au
gouvernement de sauver la face.
Concessions. Tout
le monde a bien compris aussi qu'en demandant à Édouard Philippe de trouver «
un compromis rapide » Macron a exigé de lui qu'il fasse le plus vite possible
suffisamment de concessions à la CFDT pour que celle-ci se démarque de la CGT
et appelle à cesser la grève. Quoi qu'il advienne, cette réforme n'aura rien
d'une grande révolution : celle-ci aurait consisté d'une part à rompre une
bonne fois pour toutes avec la logique malthusienne, en allongeant tout
simplement jusqu'à 65 ans l'âge légal de départ à la retraite, comme l'ont
décidé tous les autres pays européens ; d'autre part à introduire une dose de
capitalisation au côté du régime de répartition, comme cela a été par exemple
fait en Allemagne. Mais, sous prétexte de défendre l'exception du vieux modèle
social français hérité du Conseil national de la Résistance, cette option a été
écartée, et la capitalisation restera réservée, ce qui est tout de même un
comble, aux fonctionnaires, avec la Préfon gérée par des dirigeants de FO et de
la CFDT, et sera imposée aux hauts revenus supérieurs à 10 000 euros par mois.
La solidarité et l'universalité ont vite trouvé leurs limites. Bref, le nouveau
monde des retraites promis par le président risque fort de ressembler beaucoup
à l'ancien : inéquitable, structurellement déficitaire et financé à crédit.
Il en va
malheureusement un peu de même du paysage économique français pris dans son
ensemble. Deux ans et demi après l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron, les 35
heures sont toujours en place, la France reste la championne du monde de la
pression fiscale et des dépenses publiques, le taux de chômage (8,5 %) y
demeure deux fois et demi plus haut qu'en Allemagne (3,1 %), la balance
commerciale continue de pencher dangereusement du mauvais côté (60 milliards d'euros
de trou prévu en 2019), le déficit public de la France sera cette année le plus
élevé de toute la zone euro, sans oublier, éléments du folklore national, un
régime des intermittents du spectacle plombant de 1 milliard d'euros par an le
budget de l'Unédic et une Cour des comptes décrivant régulièrement des exemples
croustillants de gabegie d'argent public.
Passer en
force. Il paraît hautement improbable que des réformes d'envergure de
nature à bouleverser ce panorama économique un brin déprimant soient mises en
œuvre d'ici à 2022. Tout simplement parce qu'il est déjà trop tard et que
l'histoire mondiale des réformes dites « structurelles » indique que celles-ci,
pour avoir le maximum de chances de réussite, doivent être lancées en tout
début de mandat, quand le pouvoir bénéficie encore de l'élan de sa victoire
électorale et dispose d'une majorité parlementaire parfaitement sage, soudée et
obéissante. La méthode douce de la longue concertation ayant par ailleurs
démontré, lors de la refonte du système des retraites, sa totale inefficacité,
le seul moyen d'imposer de nouvelles réformes d'ici à la fin du quinquennat
serait de passer en force, avec le danger majeur - s'ils n'étaient pas en
froid, François Hollande pourrait en parler longuement à son successeur - de
faire émerger et se multiplier les frondeurs. Mais le chef de l'État est devenu
un politicien suffisamment habile pour ne pas prendre un tel risque. Au mot
même de réforme, il préfère d'ailleurs désormais celui de « transformation »
et, lors de ses vœux, il est resté très prudemment muet sur celles qu'il compte
mener d'ici à la prochaine élection présidentielle.
Plus grave
peut-être, Emmanuel Macron semble également avoir renoncé à réformer, pardon, à
transformer les mentalités économiques, à faire notamment passer l'idée dans
l'opinion publique que la mondialisation constitue une chance pour la France et
non une menace dont il convient par tous les moyens de se protéger. À plusieurs
reprises, au cours des derniers mois, il a tenu un discours digne d'un militant
d'Attac, dénonçant « un capitalisme devenu fou » ou encore « cette Europe
ultralibérale ouverte à tous les vents ». Surtout, en acceptant de distribuer
généreusement 17 milliards d'euros d'argent public pour vider les ronds-points
de leurs occupants, le chef de l'État a clairement renoncé à rompre avec la
logique économique à l'œuvre depuis des décennies dans notre pays, dans
laquelle tout gouvernement ouvre son carnet de chèques chaque fois qu'une
difficulté se présente et qu'un mouvement de grogne sociale prend de l'ampleur.
Dans laquelle la croissance économique se trouve artificiellement soutenue par
le recours à l'emprunt et les gains de pouvoir d'achat sont payés à crédit.
En choisissant
en revanche, créant la polémique, d'élever au grade d'officier de la Légion
d'honneur Jean-François Cirelli, le patron en France de BlackRock, le plus
grand fonds de gestion d'actifs du monde, le fin lettré qu'est Emmanuel Macron
a visiblement oublié cette grande leçon de l'œuvre de Balzac : la haine
farouche et instinctive que tout emprunteur voue à ses créanciers. Du moins
faut-il espérer que ceux de la France ne prendront pas ombrage d'une telle détestation
et que BlackRock continuera encore longtemps à acheter des milliards d'euros
d'obligations assimilables du Trésor français qui permettent de financer le
déficit public et offrent la possibilité aux agents de la RATP de prendre à des
âges précoces de si confortables retraites !
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Car cette réforme des
retraites et régimes spéciaux a été mal menée par le 1er ministre et son
gouvernement !
De plus il en a fait « son
cheval de bataille », mais n'a pas compris ce que sont les français lambda
et mêmes les autres plus nantis !
Et maintenant il est au
pied du mur, car il ne reste presque plus rien à négocier et s'il cède sur le
fait d'accepter de rejeter cette réforme sans sera fini de son quinquennat !
Surtout que son
gouvernement et spécialistes nommés à grand frais, dont un a été obligé de
démissionner car n'étant même pas capable de savoir le nombre de fonctions
diverses auquel il participait, tant il y en avait !
De plus, ils ont mis un
bien trop long temps pour pondre une réforme qui ne passe pas malgré des concessions
diverses !
Il n'a pas plus de
manœuvre pour convaincre nos concitoyens qui galère depuis plus d’un mois à
cause de syndicalistes bornés qui ne font de la politique que pour se débarrasser
de lui, vœu pieux, car il est indéboulonnable jusqu'en 2022 une faille de notre
constitution de cette Veme république obsolète !
E.MACRON en faux
monarque sans couronne, c’est en fait trop moqué de TOUS les français, alors
ils résistent et çà ils savent le faire !
Il ne lui reste plus qu’a
faire un de ses discours alambiqués dont il a le secret pour essayer de sauver
sa réforme (mais pas son quinquennat, car là, il en faudra plus !)
Jdeclef 09/01/2020 10h33