Congrès de LR : Michel
Barnier croit en sa victoire
À moins de trois
semaines du congrès de LR, l’ancien commissaire européen se projette
déjà à l’Élysée et réserve ses flèches à Emmanuel Macron.
(ET il en a plein son
carquois on peut lui faire confiance !°
Il
faut l’entendre parler du jour où il détrônera Emmanuel Macron en devenant le
prochain chef de l’État. Comme lorsqu’il évoque ce samedi en meeting sur l’île
de la Réunion devant un peu plus de 200 militants LR « le
gouvernement qu['ils] formeron[t] » ou lorsqu’il parle, toujours au
futur, du « jour où [il] ser[a] président ». « Je pense que je
vais gagner, car je sens un mouvement de confiance », lançait-il cette fin
de semaine depuis « l’Île intense », au terme d’un périple de trois
jours dans l’océan Indien, entre deux débats télévisés du congrès des Républicains.
« Je me sens capable, je suis préparé, je suis prêt après un
long parcours », se targue-t-il, fort d’un demi-siècle d’expérience
politique depuis sa première élection à l’âge de 22 ans. Comme si, à
force de certitude, il allait en convaincre les 125 000 adhérents LR
appelés à désigner leur champion du 1er au 4 décembre.
À un peu plus de quinze jours du vote interne et près de cent cinquante de
la présidentielle, l’ancien commissaire européen veut croire que « le jeu
est pour le moins ouvert » à droite. Passé depuis son entrée en lice le
26 août du statut de Petit Poucet de la compétition à celui, plus
périlleux, de favori des bookmakers, il veut se tenir prêt pour le jour J,
persuadé que le candidat investi par LR sera porté à l’Élysée.
Immigration : Michel Barnier entend
« supprimer » le droit du sol à Mayotte
Il a déjà en tête l’architecture de son gouvernement : il
veut un ministre de l’Intérieur chargé de la sécurité publique, un autre de
l’Aménagement du territoire, ainsi qu’un secrétaire d’État à Bercy
contre la fraude et la corruption. Il songe aussi à des profils pour
Matignon, mais jure n’avoir « rien proposé à personne », alors que
les noms de François Baroin, Laurent Wauquiez ou Valérie Pécresse ont circulé.
Non par excès de confiance, jure-t-il, mais parce qu’il ne veut pas perdre de
temps – il promet de ne faire qu’un quinquennat s’il est élu – et ne pas
reproduire « l’erreur » qu’a selon lui commise
Emmanuel Macron en posant le « mauvais diagnostic » au
début de son mandat et en multipliant les promesses à la veille des
élections présidentielle et législatives. « Dans les grands postes, tout
le monde devra être opérationnel tout de suite », expose Michel Barnier en
se projetant déjà en mai 2022. Au risque que ses rivaux le
croquent en candidat « habité » qui « marche sur
l’eau ». « Il se voit sur le perron de l’Élysée ! Il compose son
équipe gouvernementale », raille le stratège d’un de ses adversaires.
Michel est devenu l’homme à
abattreUn proche de
Barnier
Emmanuel Macron, qu’il rebaptise « le président
sortant », voilà l’ennemi. « C’est lui, l’adversaire », désigne
un « barnieriste ». « Ce que je peux imaginer, c’est d’être au
second tour face à lui. C’est l’hypothèse la plus exigeante et celle à laquelle
il faut se préparer », confie l’ex-négociateur du Brexit en marge de son
déplacement, étrillant un pouvoir « très solitaire et arrogant » qui
a divisé le pays et pose selon lui les jalons d’une crise financière, en cas de
hausse des taux d’intérêt, en « distribuant des bons avec l’argent
public ».
Lui président, il promet de jouer « collectif »,
« d’apaiser », de ne pas avoir « la science infuse » et de
laisser son Premier ministre gouverner. « Vous ne m’entendrez pas dire
comme le président actuel : Il y a des gens qui ne sont rien,
ni parler des premiers de
cordée », éreinte-t-il dans un discours ardent et sans fausses
notes, lui que ses détracteurs décrivent trop souvent comme
« rasoir » et « bonnet de nuit ». Il y a peu, il a été reçu
par Édouard Balladur, qui fut le collaborateur de Georges Pompidou. Ils ont
parlé dérive des institutions. « Comment arrivera-t-on dans le
prochain quinquennat à gouverner dans l’esprit du début de la Ve République ? » s’est-il
enquis auprès de lui. « Je n’ai jamais vu un président aussi solitaire.
Rien n’oblige le chef de l’État à décider de tout, tout seul », lui a
répondu l’ancien Premier ministre. Contre Macron, Barnier promet un projet de
« rupture » sur la sécurité, « un électrochoc » sur
l’immigration, n’hésitant pas à proposer le retour au droit du sang à Mayotte
pour ramener vers LR les électeurs partis au RN.
Comment Macron veut torpiller le « moment LR »
À nouveau reçu par Sarkozy
Jamais Michel Barnier n’attaque Valérie Pécresse ou Xavier Bertrand,
ses principaux compétiteurs. Il ne lui a pas échappé pourtant que les deux
anciens ministres se sont ménagés lors du premier débat du 8 novembre
sur LCI pour le prendre pour cible. « Michel est devenu l’homme à
abattre », constate un proche. « S’il y a des coups par-derrière, des
attaques, des polémiques, ça crée des blessures et des divisions. Si on veut
gagner la présidentielle – ce sera très difficile –, il faut que l’on soit
impeccable. Je veux qu’on se retrouve le 5 décembre au matin, sincèrement,
loyalement, que tout le monde garde la tête haute », explique-t-il, tirant
la leçon des erreurs de François Fillon qui avait méprisé une partie de
son camp après sa victoire à la primaire de 2016.
Ne pas prendre pour autant Michel Barnier pour un naïf ou un
angélique. En coulisses, il joue tactique. Avant de décoller pour se rendre à
9 500 kilomètres de Paris, il a déjeuné ce mercredi non loin de
l’Assemblée nationale avec Éric Ciotti, vainqueur aux points du premier débat qui
pourrait constituer un précieux réservoir de voix au second tour du congrès. Il
y a quelques jours surtout, selon des sources LR, il a été reçu par
Nicolas Sarkozy dans ses bureaux de la rue de Miromesnil (Paris 8e)
pour la deuxième fois depuis cet été, rare privilège. « Michel a eu
l’élégance de dire qu’il ne serait pas candidat si Nicolas y allait »,
loue un sarkozyste. Il pense aussi pouvoir compter sur le soutien discret mais
précieux de Laurent Wauquiez, ancien patron du parti, et l’estime bienveillante
du président des sénateurs LR, Bruno Retailleau.
Éric Ciotti : « Je veux un Guantanamo à la
française »
Seul candidat à l’investiture LR à se rendre en Outre-mer,
l’ancien ministre de l’Agriculture ou des Affaires étrangères a aussi pris
soin de se mettre dans les pas de Jacques Chirac, toujours adulé dans les
territoires ultramarins. Le calcul n’est pas anodin : la Réunion (844
militants LR au 11 novembre) et Mayotte (699), où il a fait un passage
éclair, sont les deux premières fédérations ultramarines après la
Nouvelle-Calédonie. Au-delà, ce sont les voix des 2 756 militants LR
d’Outre-mer, soit 2,2 % des troupes, qu’il convoite. Et, dans l’optique
d’une hypothétique campagne présidentielle, celles du million et demi
d’électeurs ultramarins.
« Sleepy Joe »
Michel Barnier sait qu’il n’a pas brillé lors du premier
débat télévisé. « Il n’était pas dedans, il faut qu’il se
reprenne ! » rouspète un élu qui le soutient. Trop poli à force d’attendre
son tour, il est apparu en retrait. Il compte se rattraper ce dimanche sur
BFM, « corriger » comme il dit. Depuis la Réunion, il s’est préparé à
ce nouveau grand oral à coups de « visios » avec son équipe
restée à Paris. Il comptait en particulier mieux défendre sa
proposition de moratoire de trois à cinq ans sur l’immigration, en
vieux lion plus pugnace qu’il n’y paraît, toujours tiré à quatre épingles
dans ses chemises siglées « MB » malgré une nuit d’avion et la
chaleur tropicale de la Réunion.
Ses rivaux, à droite comme à LREM, se plaisent à moquer son
âge (70 ans), qui en fait le doyen du congrès, oubliant que les
médisances sur « Sleepy Joe » n’ont pas empêché Joe Biden d’être
choisi. « Barnier rentre à Paris dimanche à l’aube, il est fou, il va
être cramé ! On va faire durer le débat pour le
fatiguer ! » raille le cadre d’un camp adverse. « Vous
croyez que les Français vont préférer qui : Macron qui dort quatre heures
par nuit ou Barnier qui travaille quatre heures par
jour ? » pique un macroniste. À ceux qui le décrivent comme
« usé, vieilli et fatigué », il réplique en citant Raymond
Poincaré : « La jeunesse est un défaut que l’on corrige chaque jour
davantage. Je le corrige tous les jours, je n’ai pas besoin qu’on me rappelle
mon âge, je le connais ! »
Le carton en Savoie
Nul ne sait ce que décideront les 125 000 adhérents LR
inscrits à ce jour, dont les sondages réalisés auprès des sympathisants de
droite ne sauraient prédire le comportement. Barnier s’accroche aux signaux
d’espoir qu’il croit déceler : les 700 parrainages
d’élus récoltés, record chez les cinq candidats en lice, dont une centaine
dans le seul département de la Savoie qu’il a dirigé jusqu’en 1999 ;
le soutien d’une soixantaine de parlementaires LR et de 28 patrons de
fédération sur 95, selon un décompte de nos confrères de France info (soit
davantage que Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse).
Un chiffre l’a particulièrement touché : en Savoie, le nombre
de militants LR est passé de 852 au 21 octobre à 1 681 au
11 novembre, multiplié par deux en trois semaines. « Ça
fait 22 ans que je n’y ai plus de fonctions, c’est très
émouvant », confesse celui qui ne manque jamais une occasion de rappeler
qu’il est adhérent « depuis toujours » (sauf en 2019 où il
avait omis de renouveler sa cotisation), depuis l’âge de 14 ans quand
il avait pris sa carte à l’UDR pour soutenir le général de Gaulle. Du haut
de son mètre quatre-vingt-dix, Barnier a « une gueule de président »,
selon le mot d’un fidèle, et en joue volontiers. Lucide sur le fait que,
dans trois semaines, tout peut aussi s’arrêter.
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(S'ils en ont une...?) Car
pour certains on les connait et ça ne vole pas très haut...?!
Malheureusement, c’est
eux qui désigneront leur candidat à l’élection présidentielle et les adhérents
qui le choisiront sans oublier que ces messieurs et dames laissent leurs égos
inutiles à la porte et çà ce n’est pas gagné, le principal défaut de ses
primaires piégeuses qui ne représente pas, bien sur les choix ou opinion de
tous les Français, est une erreur de mauvaise tactique politicienne ringarde !
Si ces leaders de cette
droite classique choisissent mal, ils détruiront leur parti LR déjà fragilisé
qui deviendra marginal comme d’autres du style PS/PC, LFI et même vert EELV et
donc il ne restera plus que les candidats extrémistes habituels M.LE PEN et son
RN qui y croit encore ou essaie de s’en convaincre et le nouvel épouvantail polémiste
pour l’instant inclassable le médiatique ZEMMOUR !
Là, bien sur E.MACRON notre
roi sans couronne en aura une bien accrochée sur sa tête jusqu’en 2027 sans difficulté, et s’en sera fini des changements
que réclament les français lambda depuis des décennies et quinquennats passés
et même avant, qu’ils n’arrivent pas à obtenir, car trop versatiles incurables
partisans du chacun pour soi !
Jdeclef 14/112021 10h46
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