L'autre vague
qui contrarie Emmanuel Macron
LA LETTRE
DU PALAIS. Alors que les écologistes semblent en capacité de remporter
plusieurs grandes mairies, Emmanuel Macron veut les
« assécher ».
Et pour cause, cette droite qu'il croyait avoir concassée tient la barre et l'oblige aux alliances locales pour amenuiser l'impact de la si commentée « vague écolo ». Car ces mêmes écologistes sont venus chasser sur son domaine électoral. Lui qui aspirait à faire de la question environnementale l'un des deux piliers de sa prochaine campagne présidentielle voit Yannick Jadot et ses camarades d'Europe Écologie-Les Verts en position de force dans nombre de grandes villes à l'aube de ce deuxième tour. L'acte I de leur « Grand Soir », à dix-huit mois du scrutin des scrutins.
Municipales : 11 métropoles sous tension
« Assécher les écologistes »
Sur la montagne de documents qui traînent sur les bureaux des
maîtres à penser d'EELV, il est une note que ces derniers encadreraient
presque. Elle y digère, en quelques paragraphes, divers sondages et baromètres
de l'opinion depuis l'élection européenne de 2019. Le constat est sans
appel : une large partie du vote social-démocrate qui a composé
l'électorat du candidat Macron en 2017 a tendance à se reporter sur
la bande à Jadot. « 80 % des gens qui se revendiquent des idées
écolos et ont voté Emmanuel Macron en 2017 votent aujourd'hui
EELV », explique Matthieu Orphelin, ex-Marcheur proche de Nicolas Hulot,
dont on dit que le chef de l'État mais aussi l'aspirant Premier ministre Bruno
Le Maire le consultent ci et là. « Le président ne voit pas les
écologistes comme des concurrents, mais comme une formation en vogue qui menace
sa base électorale. L'idée, c'est donc de convaincre ces gens qui ont voté EELV
aux européennes et aux municipales que l'écologie, c'est nous, c'est le
pragmatisme », explique, pour sa part, un conseiller gouvernemental qui
jure ne pas être surpris par cette vague verte qui vient. Combien de
visiteurs du soir s'en sont d'ailleurs émus auprès du chef de l'État depuis
plusieurs mois, et plus encore depuis la crise du Covid-19 ? Récemment,
c'est Nicolas Sarkozy qui, discutant avec Emmanuel Macron, évaluait la
possibilité d'un second tour « Jadot-Le Pen » en 2022. « Et
si ? »Comment Macron veut dynamiter la droite
Alors, en petit comité, le pensionnaire du Château a établi un ordre de mission : « Il faut assécher les écologistes ». Comment ? Les idées fusent, mais ne plaisent pas toutes au président de la République. Le courant En commun créé au sein du groupe LREM à l'Assemblée nationale autour de Barbara Pompili et Hugues Renson ne le convainc guère. L'exécutif s'est, lui, mis en quête d'une « mesure wahou », dixit un haut conseiller, en s'appuyant notamment sur les travaux de la Convention citoyenne pour le climat. Une réforme du Conseil économique social et environnemental (Cese) trône en haut de la pile d'idées. L'objectif ? « Pérenniser la Convention citoyenne pour le climat », explique un autre proche du chef de l'État qui abonde : « Changer le nom du Cese, c'est d'ailleurs une bonne idée. Convention citoyenne pour le climat, ça parle plus aux gens. » Quid d'un référendum à choix multiples ? L'arme est toujours sur le bureau élyséen, sans que personne ne sache si le président s'en saisira effectivement.
Certaines huiles invitent Emmanuel Macron à changer de ministre de la Transition écologique, mais, depuis le départ de Nicolas Hulot, les étendards écolos se font rares. « Il n'y a pas cinquante candidats, explique un porte-flingue de Macron. Pascal Canfin ? Il est excellent à Bruxelles. Matthieu Orphelin ? Il dira non. Delphine Batho, on regarde. Il y a aussi la présidente du WWF, Isabelle Autissier. » Début mai, Nicolas Sarkozy lui chuchote le nom de la navigatrice Maud Fontenoy, mais son lointain successeur n'a pas donné suite. Il n'entend pas se séparer d'Élisabeth Borne qui tient solidement cette folle maison qu'est l'hôtel de Roquelaure, siège du ministère de la Transition écologique.
EELV est un parti qui a toujours tué ses présidentiables.
Alors que les sondages se succèdent pour dire que les Français refusent d'assister à un nouveau duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, l'Élysée s'est d'autant plus mis en tête d'étouffer l'ambition de Yannick Jadot. La tentation d'aller chasser la tête d'affiche d'EELV pour le remaniement est grande. Quel meilleur moyen que l'absorber pour le démonétiser ? On mise ainsi sur sa proximité avec Jean-Louis Borloo que l'eurodéputé voit et consulte encore très régulièrement. « La manœuvre est grossière, déplore l'entourage de Jadot. Cela démontre bien l'intérêt qu'Emmanuel Macron porte à l'écologie : une histoire de ronds de serviette, rien de plus. »
Faute de recrutement, on parie donc sur la chute de Jadot. « S'il était candidat à la présidentielle, il aurait toutes les peines du monde à s'imposer dans sa propre famille politique. EELV est un parti qui a toujours tué ses présidentiables », affirme-t-on au sommet de l'État. Un constat partagé par plusieurs caciques d'EELV : « Si nous faisons une primaire ouverte avant 2022, il y aura foule de candidats : Julien Bayou, Éric Piolle, Delphine Batho, Matthieu Orphelin, etc. Yannick pourrait tirer son épingle du jeu. Si c'est une primaire fermée, je vous donne déjà le vainqueur : Éric Piolle [le maire de Grenoble, NDLR]. »
Coup de frais
Officiellement, les écologistes ne
regardent pas encore 2022, pas plus qu'ils ne veulent parler de primaires. « Carpe
diem ! On est au centre du jeu politique, au centre des agitations
d'Emmanuel Macron », s'amuse un cadre. Julien Bayou, secrétaire national
d'EELV, se frotterait presque les mains : « L'écologie, c'est pas mal
pour les discours, mais quand il s'agit de passer aux actes chez LREM, c'est le
bric-à-brac avec la droite pour nous faire barrage avec une coalition anticlimat.
La polarisation se confirme. » Et d'abattre, plein de confiance :
« Il va faire chaud à la fin juin, besoin d'un coup de frais. Ça tombe
bien, c'est l'occasion de voter écolo ! »
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EELV ces
verts à tendance rose ou rouge et d’autres se disant écolos, rappelons-nous qu’on
les a vu comme ministres de l’environnement ou de l’écologie sous bien des gouvernements
par exemple !
On n’a pas
fait pire et médiocre, inutile de les citer, tous utopiques impossible de s’entendre
entre eux et avec les autres jusqu’à Ségolene Royal ministre de l'Environnement, de l'Énergie et de la
Mer.
Peut-être la pire
du lot ; La cerise
sur un gâteau empoisonné qui se verrait bien revenir d’ailleurs !?
L’écologie sur
le fond est bien sur utile, mais l’écologie politique extrémiste de certains de
ces illuminés, est la pire que l’on peut trouver dans nos gouvernements de tous
bords !
Mais comme nos
présidents politiciens professionnels rodés en ont besoin souvent à titre électoral
pour conserver des voix modérées, car les français électeurs malléables gogos croient
que ces élus verts comme Nicolas HULOT (préféré soi-disant des français lambda)
feraient de miracles en leur promettant mont et merveilles a dû jeter l’éponge,
car n’a pu faire ce qu’il voulait, car utopique, et celui qui a suivi de RUGY a
mis les mains dans le pot de confiture par ses agapes un peu démesurées en bon
bourgeois de petite noblesse parvenu !
Cela s’est transformer
en Mme Borne, la bien nommée, « ersatz » de ministre écolo à
plusieurs casquettes, mais bien disciplinée, car en matière d’écologie, c’est
le président qui décide pour çà (et le reste...)
On a subi 14
ministres de l’écologie en 20 ans ce qui montre leur inutilité, un secrétariat
pour l’écologie suffirait et donc Macron voudrait bien les éliminer, car ce
sont des boulets à traîner ou poil à gratter, et cela ne date pas d’hier !
Mais les français,
quand ils ne savent plus pour qui voter, s’ils ne votent pas aux extrêmes se
tournent vers les écolos, alors pour 2022 et son hypothétique réélection, le président
y pense, alors qu’il y a mieux à faire en ce moment !
Jdeclef 06/06/2020
17h01
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